Dominique A: tourné vers la lumière
Le festival reçoit la trop rare visite de Dominique A, qui s’y pointera le nez pour rappeler qu’il est toujours le chef de file de la chanson française.
Cela fait une décennie que le créateur du tube Le courage des oiseaux n’a pas présenté de spectacle à Montréal. «Les gens n’avaient pas forcément apprécié ma dernière visite, se rappelle en riant le chanteur. Le disque L’horizon était assez arrangé, et j’étais seul sur scène pour le défendre.»
Que les fans se rassurent: c’est dans une formule plus traditionnelle de quatre musiciens que Dominique A est de retour sur scène pour explorer l’ensemble de son répertoire et porter une attention particulière à son dernier-né, Éléor. Un 10e album sensuel, mélodique et lyrique, doté d’un classicisme qui l’honore, et qui devrait bien vieillir.
«L’idée était de produire un disque qui revendique une certaine douceur, dit au bout du fil l’auteur-compositeur-interprète tout en tentant de calmer les pleurs de son jeune garçon. J’avais très envie d’un son panoramique. Je trouve que la musique populaire s’est durcie ces dernières années. Les sons sont très agressifs, très syncopés. C’est ma façon d’aller à contre-courant.»
«Je veux m’ouvrir au maximum aux gens. Quand je fais des albums, je travaille dans une sorte de visibilité, pour que mon travail soit plus accessible.» –Dominique A, qui ne fuit plus le succès
Ce dernier opus en forme de rêve, qui regroupe des récits de voyages réels ou fantasmés en Nouvelle-Zélande, dans le minuscule royaume scandinave d’Elleore et même au Canada à travers une pièce qui est inspirée d’un roman de Richard Ford, est à nouveau baigné dans la mélancolie, et hanté par des fantômes insatisfaits. Le chant toujours déchirant alimente une écriture poétique qui donne à entendre l’indicible.
Pour la première fois de sa carrière, Dominique A n’a pas pondu Éléor en réaction à son précédent Vers les lueurs, mais en complémentarité avec celui-ci. Il s’agit pratiquement d’un diptyque, mais dans Éléor, où les instruments à vent ont été remplacés par des cordes : «Je n’ai plus la volonté, à partir du moment où les choses marchent bien, de casser le jouet et tout remettre en cause.»
Regarder droit devant
Dominique A, qui compte près de 25 ans de métier, n’a jamais autant savouré sa carrière. Chouchou des critiques et récompensé en 2013 aux Victoires de la musique en tant qu’interprète masculin de l’année, il influence toute une génération de musiciens.
«Je ne considère pas que je suis “arrivé”, philosophe le chanteur de 47 ans. J’ai l’impression que l’histoire est toujours en devenir, que je dois toujours recommencer. Qu’il y a un acquis, mais qu’en même temps, il n’y a aucune certitude quant à la valeur de cet acquis. Je ressens une espèce d’inquiétude permanente qui me donne envie de faire des choses, de continuer.»
Dominique A
À L’Astral vendredi à 19 h 30