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03:00 3 décembre 2018 | mise à jour le: 3 décembre 2018 à 03:00 temps de lecture: 3 minutes

Une «ambiguïté fondamentale» affecte le projet de la ligne rose, d’après un élu montréalais

Une «ambiguïté fondamentale» affecte le projet de la ligne rose, d’après un élu montréalais
Photo: Archives MétroLe tronçon est de la ligne rose viendra après le tronçon ouest.

Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, revient à la charge contre le projet de ligne rose de l’administration de la mairesse Valérie Plante, qu’il juge «indéfini», «improvisé» et «incohérent». Il a fait parvenir jeudi une lettre au ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, pour obtenir des clarifications sur la proposition du gouvernement de construire ce prolongement de métro en surface.

«Nos systèmes dans le métro sont conçus pour le souterrain, a-t-il plaidé en entrevue avec Métro. Moi, j’écris au ministre pour cibler le débat. Le plan, il doit être cohérent. Où est-ce qu’on s’en va?»

M. Rotrand a expliqué que pour la Société de transport de Montréal (STM) – il siégeait au conseil d’administration jusqu’à tout récemment –, «il a toujours été absolument clair que le matériel roulant de notre réseau de métro ne peut circuler à la surface».

«Notre métro roule sur des pneumatiques en caoutchouc. À part celui de Montréal, les principaux réseaux de métro sur pneumatiques se trouvent à Mexico, Santiago, Paris, Lyon et Marseille, écrit l’élu dans sa lettre. Mais ces villes ne font pas face à des conditions météorologiques extrêmes [la neige, la glace et le froid].»

D’ailleurs, selon le conseiller municipal, la technologie de pneumatiques dans le métro est de moins en moins populaire, au profit des roues en acier. «Ça veut dire que les réseaux font appel à des technologies mixtes. Cela oblige ces villes à acquérir du matériel roulant qui ne peut fonctionner sur les autres lignes de leur réseau», avance le doyen du conseil municipal.

En s’adressant au ministre Bonnardel et à la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, il demande si «la ligne rose doit être construite en utilisant la technologie des roues en acier et exploitée parallèlement au reste du réseau de métro».

«Personne n’a de réponses [à l’hôtel de ville]. Le niveau d’improvisation est grand et ça nuit à la crédibilité de la Ville comme joueur en transport en commun.» – Marvin Rotrand, conseiller de Snowdon, sur le projet de ligne rose.

L’élu dénonce «une obsession» de l’administration Plante pour le projet de la ligne rose, «qui se noie ainsi de toute autre discussion possible».

«Avec 1M$, on ne peut pas faire de travaux sur la ligne rose, ni d’études d’opportunité ou d’études d’impact. Ça prend des dizaines de millions et il faut avoir des ententes avec les gouvernements supérieurs», condamne-t-il, s’en prenant au nouveau bureau de la ligne rose, mis sur pied par l’administration Plante en octobre dernier.

Joint par Métro, le cabinet de la mairesse Valérie Plante a indiqué que «l’enthousiasme du conseiller Rotrand pour le projet de la ligne rose [le] ravit».

«[M. Rotrand] ne semble pas maîtriser le processus enclenché par l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), assistée du bureau de la ligne rose, qui permet de mener les études nécessaires en amont afin d’évaluer toutes les composantes du projet, notamment en ce qui a trait à la circulation intérieure et extérieure», a allégué le cabinet.

La Ville de Montréal dit s’être entendue avec le gouvernement en place «pour laisser l’ARTM faire toutes les études nécessaires».

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