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13:47 7 mars 2019 | mise à jour le: 7 mars 2019 à 15:08 temps de lecture: 4 minutes

Montréal «pourrait en faire plus» pour contrer la montée d’Airbnb, selon des organismes

Montréal «pourrait en faire plus» pour contrer la montée d’Airbnb, selon des organismes
Photo: Emmanuel Delacour/TC Media

Alors que le nombre d’annonces sur la plateforme Airbnb a connu une hausse de 21% sur une période d’un an, des organismes demandent à la Ville de Montréal d’«en faire plus» pour restreindre la location de logements à des touristes dans la métropole.

«En ce moment, n’importe qui fait n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand», a déploré à Métro un organisateur communautaire du Comité Logement Ville-Marie, Gaétan Roberge, en marge d’une conférence tenue jeudi dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Le Comité Logement du Plateau-Mont-Royal a dévoilé jeudi une étude sur la montée d’Airbnb dans la métropole et qui se base sur des statistiques produites par le professeur d’urbanisme David Wachsmuth, de l’Université McGill.

Selon cette étude, quelque 24 300 annonces ont été publiées sur cette plateforme dans l’ensemble de la métropole entre avril 2017 et mars 2018, ce qui représente une croissance annuelle de 21%. Les hôtes ont ainsi pu enregistrer des revenus de 196M$. La majorité de ces gains ont été réalisés dans les arrondissements de Ville-Marie et du Plateau-Mont-Royal, ce qui représente quelque 14 700 annonces sur une période d’un an.

Ces deux arrondissements ont adopté l’an dernier des règlements de zonage qui sont venus restreindre la présence de résidences de tourisme à des tronçons sur quelques artères commerciales, mais le conseiller du Mile-End, Richard Ryan, a reconnu récemment que ceux-ci sont souvent enfreints.

Selon M. Roberge, la Ville «pourrait en faire plus» pour contrer la présence de logements de type Airbnb en dehors des zones permises à Montréal.

«Je pense que [la Ville de Montréal] devrait aller vers des mesures plus coercitives, faire une campagne de sensibilisation et démontrer qu’à un moment donné, on ne fait pas ce qu’on veut à Montréal parce qu’en ce moment, on fait ce qu’on veut», a-t-il ajouté.

L’organisateur communautaire propose que l’administration municipale s’inspire de San Francisco, où la location de courte durée est obligatoire et se limite à un maximum de 90 jours. La ville californienne a par ailleurs mis en place une réglementation qui permet la remise d’amendes aux plateformes de type Airbnb lorsque celles-ci permettent la publication d’offres de logements qui n’ont pas été enregistrées auprès de la Ville.

Richard Ryan affirme cependant que de telles mesures seraient «très difficiles à mettre en application» étant donné que plusieurs plateformes similaires à Airbnb ont été développées dans les dernières années.

«Ce qui est important, c’est de trouver les moyens d’intervenir auprès des principales nuisances», a ajouté l’élu municipal, en référence notamment à la présence de nombreux déchets devant les résidences de tourisme de même que les risques d’éviction de locataires que représente l’essor de telles plateformes. 

Gaétan Roberge estime par ailleurs que Revenu Québec devrait disposer de plus d’inspecteurs et agir de manière plus coercitive dans l’application de la loi provinciale encadrant les résidences de tourisme de type Airbnb, issue du projet de loi 67. Les 25 inspecteurs de cet organisme gouvernemental chargés depuis juin dernier de faire appliquer cette loi se sont contentés jusqu’à maintenant d’émettre des avertissements aux propriétaires fautifs.

«Revenu Québec a des pouvoirs d’enquête, des pouvoirs juridiques, là il faut des actions coercitives. Je crois que c’est le meilleur moyen de faire respecter la loi [québécoise] et par ricochet nos règlements de zonage», a fait valoir Richard Ryan, renvoyant ainsi la balle à l’organisme gouvernemental.

Parc locatif
Selon l’étude présentée jeudi, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a connu une réduction de son par locatif de 5% en raison de la plateforme Airbnb, ce qui représenterait près de 2000 logements, selon l’organisatrice communautaire du Comité Logement du Plateau-Mont-Royal, Gabrielle Renaud.

«Nous perdons des appartements au profit des touristes. C’est déplorable», a-t-elle lancé en mêlée de presse après la conférence.

«L’été, quand on est dans la haute saison, tu ne peux même pas aller sur ta terrasse tranquille parce qu’il y a plein de partys tout autour. Donc, ça nuit vraiment aux locataires.» -Gabrielle Renaud, organisatrice communautaire au sein du Comité Logement du Plateau-Mont-Royal 

 

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Commentaires 5

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  • Jean Pellerin

    Davantage de moyens pour les Comités Logement !

    La Ville devrait donner davantage de moyens aux comités logement pour pouvoir débusquer et dénoncer, à Revenu Québec, des cas d’hébergements touristiques illégaux, implantés très majoritairement sur des segments de rues résidentielles, où les usages permis excluent les commerces. Les inspecteurs de la Ville ont la responsabilité de faire respecter les usages permis…. mais ils ne le font pas !

    En matière de logement, la paix sociale repose sur l’obligation que possèdent les propriétaires de garantir aux locataires une normale jouissance des lieux. Mais quand, pour faire plus de fric, c’est des propriétaires qui laissent faire les nuisances des hébergements illégaux, ou qui organisent eux-mêmes ceux-ci, qui est-ce qui a la responsabilité de les sanctionner ? Des inspecteurs de la Ville ? Ils ne le font pas, faute de moyens et de mandats des politiciens à ce qu’on m’a dit…

    La loi et les moyens de la Régie du logement devraient être augmentés pour qu’un comité logement puisse intenter une poursuite contre un proprio, qui utilise un logement pour faire de l’hébergement touristique, sans les permis requis. Mais, il faudrait aussi que les causes contre les proprios à la Régie ne prennent pas 10 mois ! comme j’ai vu récemment dans un cas …

    Le SPVM aussi devrait avoir une équipe dédiée à faire cesser les hébergements illégaux, en priorité ceux qui causent des nuisances au voisinage. Quand une personne de cette équipe constaterait un cas, c’est elle qui ferait le signalement à Revenu Québec.

    Au Plateau Mont-Royal, il y aurait près de 2,000 hébergements touristiques illégaux. S’ils redevenaient des logements offerts aux gens qui se cherchent un logement, ça libérerait ailleurs des logements moins chers et habitables, qui pourraient être offerts aux locataires qui sont pognés pour habiter dans des logements insalubres.

    Devenons membres d’un comité logement.

    • pierre legault

      par curiosité , vous mentionnez
      ça libérerait ailleurs des logements moins chers et habitables,
      Pourquoi ils seraient moins cher ? le propriétaire ne peu-t-il pas décider du prix qu’il veut louer son logement spécialement après l’avoir loué via AirBnB a plus de $3000 par mois ?

      • Jean Pellerin

        Dans le Plateau, dans le Centre-Ville, dans Villeray, dans Rosemont, etc. il y aurait, tout d’un coup, des milliers et des milliers de logements ré-offerts sur le marché montréalais, suite à l’éradication des hébergements touristiques illégaux.

        Comme c’est leur position politique face à la Ville de Montréal, ça pourrait être encore mieux si les comités logements pouvaient obtenir, de Valérie Plante, la fin de tout hébergement touristique, pas juste les illégaux !

        Pour le logement du Plateau, qui était loué à plus de 3,000$, dont vous parlez Pierre Legault, le proprio serait obligé, du fait de la loi de l’offre et la demande, de le louer bien moins cher.

        Une personne du fin fond de CartierVille, mettons, est intéressée de quitter son logement sans problème de salubrité, et qui lui est à mettons 400$ par mois, (ça fait des années qu’elle est là), pour aller prendre celui du Plateau.

        Conseillée par un Comité Logement, elle donne une copie de son bail de CartierVille à une personne à très faibles revenus, dont le logement est insalubre, et on espère que le propriétaire de CartierVille fera un bon prix, parce que, lui aussi, devra compter avec l’augmentation subite de l’offre de logements sur le marché montréalais.

        Si ce proprio exagère, le Comité Logement du coin pourra aider la personne à très faibles revenus, dans des démarches à la Régie du Logement pour qu’elle fixe un prix juste et équitable, pas bien plus que l’ancien bail dont elle a la copie.

      • Jean Pellerin

        Pierre, êtes-vous capable de nous expliquer pourquoi les inspecteurs de la Ville n’interviennent pas dans le cas des hébergements touristiques, sans certificat d’occupation, et situés sur des segments de rues résidentielles, où les usages permis excluent tous commerces, dont l’hébergement touristique ?

        Pourquoi existe-t-il que trois arrondissements qui ont un règlement clair, qui limite les hébergements touristiques, par exemple, en les confinant à un secteur commercial bien défini, mais sans donner de moyens pour décourager les hébergements illégaux sur les autres rues ?

        D’après vous, c’est la job de qui de sanctionner des proprios qui tolèrent ou qui organisent de tels hébergements illégaux qui causent des nuisances au voisinage ? Qui si ce n’est pas les inspecteurs de la Ville ?

  • Mehdi D

    Je fais de l’airbnb parce que mon salaire ne me suffit pas de vivre normalement, j’habites sur le plateau et je vais rester sur le plateau parce que c’est là que je travail.
    Entre l’hypothèque, les taxes municipales, taxes scolaires, frais de condo, le cout de la vie qui explosent, et bien, Airbnb est une bouffe d’oxygène pour me payer des extra, faire un voyage, remplacer une sécheuse, faire des petits travaux d’entretien… MERCI Airbnb