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19:11 20 mars 2020 | mise à jour le: 20 mars 2020 à 19:39

Mettre un peu de lumière dans nos soirées

Mettre un peu de lumière dans nos soirées
Photo: Gracieuseté: Régie olympique de Montréal:Même le Stade olympique a flashé ses lumières à 20h30, cette semaine.

Alors que les Italiens chantent à l’unisson sur leur balcon, les Québécois ont plutôt opté pour flasher leurs lumières durant une minute, reprenant le concept lancé dans les années 1980 par l’humoriste Jean-Marc Parent.

En une semaine, le groupe Facebook Flash tes lumières a rapidement gagné en popularité pour atteindre près de 200 000 membres partout à travers le Québec vendredi. Sur la page, les gens commentent les vidéos publiées.

Même certaines stations de radio et le Stade olympique se sont joints au mouvement. Une façon de dire que, malgré la quarantaine, chacun est présent et fort devant l’adversité. Le rendez-vous est donné à 20h30.

En pleine pandémie mondiale, ce phénomène s’explique par le sentiment d’insécurité et d’impuissance vécu par plusieurs. «Face à la menace du coronavirus, chanter sur les balcons ou flasher ses lumières deviennent des tentatives personnelles de reprendre le contrôle, une forme d’engagement civique. Cela permet aux individus de se mobiliser, de faire une action concrète pour affronter la situation», explique Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue clinicienne et professeure associée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

En période d’incertitude, cela répond à un besoin fondamental de l’être humain d’entrer en relation avec les autres. «En étant rassemblé autour d’un même enjeu, cela permet de briser l’isolement», croit-elle.

Vitalité humaine

Reprenant les propos de la chancelière allemande Angela Merkel, l’auteur et politicologue Christian Dufour estime que l’on vit la crise la plus importante depuis la Deuxième Guerre mondiale.

De telles initiatives, selon lui, sont essentielles et il salue le geste qui stimule la vitalité humaine. «On n’a pas le choix, il faut trouver des moyens de rester en contact les uns avec les autres. Ça veut dire que la vie continue de façon joyeuse et positive.»

L’homme de 70 ans s’étonne de l’ampleur et la vitesse de la pandémie. «C’est comme un film de science-fiction qui a déboulé en quelques heures, il y a un côté cauchemardesque. Il faut être créatif et vivre ça au jour le jour», affirme-t-il.

Non seulement clignoter ses lumières extérieures anime momentanément les quartiers, mais il s’agit aussi pour certains d’un geste de solidarité à l’égard des travailleurs de la santé et des autres services essentiels qui ne comptent pas leurs heures pour sauver des vies.

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