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De la décharge à Metallica, symphonie paraguayenne pour violons recyclés

Depuis 2002, ils ont donné des concerts en Europe, en Amérique du Sud et aux États-Unis avec leurs violons, guitares, violoncelles et contrebasses de fortune, séduisant le groupe de heavy métal américain Metallica, qui leur offre du 16 au 30 mars l’accès à des scènes prestigieuses, à Bogota, Sao Paulo et Buenos Aires.

Les 40 musiciens, tous natifs du faubourg miséreux de Cateura, qui abrite la principale décharge d’Asuncion, ont un répertoire classique allant de Mozart à Vivaldi, Beethoven avec des incursions chez les Beatles, Franck Sinatra ou Édith Piaf, et dans le patrimoine musical des pays hôtes. Rien à voir avec les accords saturés des guitares de Metallica.

Depuis l’annonce de la tournée avec Metallica, les répétitions se sont intensifiées dans la petite école du bidonville de 25 000 habitants. Le chef d’orchestre Favio Chavez a sélectionné 22 musiciens.

Andrés Riveros, 17 ans, s’est pris d’affection pour son saxophone, fabriqué à base de tôle ondulée, de boîtes de maïs et de pièces de monnaie en guise de touches. « C’est la preuve qu’on peut s’en sortir malgré l’adversité », dit-il.

Ada Rios, 15 ans, joue d’un violon, confectionné avec un pot de peinture, une plaque d’aluminium de boulangerie, les cordes sont fixées à une fourchette sur un manche en bois prélevé sur une caisse.

Les enfants ont grandi sur les montagnes d’ordures de la décharge, dans un pays qui compte 40 % de pauvres. Favio Chavez est arrivé comme assistant social, chargé de mener un projet axé sur le recyclage. Avec l’aide de l’orchestre symphonique d’Asuncion, le guitariste amateur s’est mué en chef d’orchestre de l’ensemble.

C’est en se rendant avec des amis musiciens à Cautera que l’initiative a pris forme, à partir d’un constat. « Beaucoup d’enfants n’avaient jamais vu un instrument de musique de près », raconte le chef d’orchestre.

« Le son qui sort des instruments est le même que si c’était un instrument professionnel, assure Favio Chavez. Ces instruments ne se volent pas, ne se vendent pas. Ils n’ont pas de valeur marchande, ils ont seulement une valeur musicale ».

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