Élections – Soraya Martinez Ferrada veut ramener le «Réflexe Montréal»
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, ressuscite une idée d’un de ses prédécesseurs en réclamant l’instauration d’un «Réflexe Montréal» dans les décisions du parti qui formera le prochain gouvernement du Québec. Elle espère ainsi avoir une plus grande collaboration pour régler les différentes crises qui affectent la métropole à la suite des élections provinciales.
Mme Martinez Ferrada souhaite que le gouverment ajoute un «chapitre Montréal» dans toutes les décisions affectant la métropole, et que la Ville soit consultée. Avec ce «Réflexe Montréal», elle revient ainsi à une demande faite en 2016 par son prédécesseur à la tête de la Ville et de son parti, Denis Coderre.
À l’époque, l’ex-maire faisait campagne pour «remettre Montréal sur la map». Il a notamment obtenu le statut de métropole, accordant davantage de pouvoirs pour la Ville.

Selon Mme Martinez Ferrada, ce réflexe a été perdu avec le temps.
«Si vous regardez les différentes ententes que le gouvernement du Québec a signées avec le gouvernement fédéral, il n’y a aucune enveloppe qui a été réservée pour Montréal.»
En juin, les deux paliers de gouvernement ont signé une série d’ententes sur le logement, les infrastructures et le transport. La mairesse souligne qu’elle ne sait toujours pas combien de logements seront bâtis à Montréal dans le cadre du programme Maisons Canada, ni combien d’argent recevra la STM pour ses différents projets.
Trois partis avec un lien à Montréal
L’ex-premier ministre François Legault se targuait d’être le premier ministre des régions, et les liens entre lui et l’ex-mairesse Valérie Plante étaient froids. Aujourd’hui, les trois partis qui ont une chance réelle de remporter les élections ont tous un lien fort avec la métropole. Le chef du Parti québécois est député sur l’île, la première ministre et cheffe de la Coalition Avenir Québec est une ex-PDG de la Chambre de commerce de l’Est de Montréal et le Parti libéral a des racines profondes dans la métropole.
Mme Martinez Ferrada affirme toutefois qu’elle n’a pas senti une nouvelle ouverture pour la métropole.
«J’ai hâte que les partis aient cette posture par rapport à la métropole. Je ne l’ai pas senti encore.»
Crises de l’itinérance, des infrastructures et de l’attractivité
Soraya Martinez Ferrada espère obtenir une meilleure collaboration du gouvernement provincial pour pouvoir mieux répondre à trois crises affectant la métropole: la crise de l’itinérance, la crise des infrastructures et la crise de l’attractivité de la métropole.
La mairesse souhaite notamment que Québec finance davantage le suivi psychosocial des personnes qui sortent de l’itinérance. Montréal s’assurer de construire des espaces adéquats.
«Montréal va s’occuper de la brique et du mortier, mais Québec doit s’occuper de l’accompagnement psychosocial. La Ville ne peut pas remplacer le réseau de la santé», lance-t-elle.
Elle souhaite aussi un financement plus stable pour ses infrastructures ainsi qu’une reconnaissance du statut particulier du centre-ville pour mieux soutenir son développement.
Les demandes de Soraya Martinez Ferrada au prochain gouvernement du Québec:
- ITINÉRANCE:
- Financer sur trois ans 3200 places en hébergement d’urgence, ouvertes 24/7, dont 500 places saisonnières.
- Ajouter trois centres d’urgence spécialisés en santé mentale et en dépendance d’ici l’été 2027.
- Financer 2000 logements de transition pour personnes qui sortent de l’itinérance, avec accompagnement.
- Réserver pour Montréal 45% des enveloppes des programmes d’habitation.
- INFRASTRUCTURES
- Mieux financer le maintien et le développement des infrastructures d’eau.
- Moderniser les actifs vieillissants de la STM.
- Développer le REM de l’Est selon la nouvelle proposition plus modeste connectant la pointe de l’île et Montréal-Nord au métro.
- Assurer la pleine participation de Montréal et de la STM à la planification et à la conception des grands projets de transport collectif.
- ATTRACTIVITÉ ET RAYONNEMENT
- Accorder au centre-ville un statut particulier pour soutenir son développement.
- Reconduire les investissements en sécurité publique, notamment pour les policiers.
- Lever les restrictions visant Montréal dans les programmes d’immigration et d’intégration.
- Accorder un soutien à la culture, au développement du Palais des congrès et à l’attraction de grands événements internationaux.