Élections – Le TGV critiqué et remis en question
Il n’y a pas que le Parti québécois qui a des réserves sur le futur TGV Alto, dans le cadre des élections provinciales. Les chefs des principaux partis ont tous émis des réserves jeudi, à la suite de rencontres avec l’Union des producteurs agricoles (UPA).
Le train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto a beau relever entièrement du gouvernement fédéral, il a des échos dans la campagne électorale québécoise. Le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) ont tous deux émis des réserves, alors que le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ) s’y opposent fermement.
«Ce projet-là va coûter 150 milliards de dollars. Pas des millions, des milliards. Est-ce qu’on veut dépenser autant d’argent pour se rendre à Toronto quand nos infrastructures ont besoin d’aide ici au Québec?», lance le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.
M. St-Pierre Plamondon fait référence à un document obtenu par le Globe and Mail, qui chiffre le coût du projet à 150 G$ alors qu’Alto affirme que la facture sera entre 60 G$ et 90 G$. Or, le chiffre du Globe and Mail comprend les frais d’entretien sur 40 ans, selon Alto. La construction des infrastructures et l’acquisition des trains coûteraient ensemble environ 85,5 G$. L’entreprise estime que les revenus du TGV compenseraient largement les frais d’entretien de 62,6 G$ à 67 G$.
Le PQ souhaite retirer Québec du projet de TGV, avec compensation financière du gouvernement fédéral.
Le chef péquiste aimerait utiliser les sommes fédérales disponibles pour investir dans d’autres infrastructures, comme les écoles en fin de vie. Il mentionne aussi la possibilité d’investir dans le futur projet de transport dans l’Est de Montréal. M. St-Pierre Plamondon s’est toutefois abstenu de préciser la formule préconisée par le PQ ou la date de livraison du projet pour l’Est, affirmant qu’une annonce à ce sujet aura lieu prochainement.
Quelques heures plus tôt, le chef du PCQ, Éric Duhaime, s’est aussi positionné contre l’idée d’un TGV, peu importe la forme ou le tracé.
Terres agricoles menacées
Les chefs de partis ont tous défilé devant les membres de l’Union des producteurs agricoles (UPA) jeudi. L’UPA a émis d’importantes réserves concernant l’impact du TGV sur les terres agricoles.
Avec le tracé préliminaire présenté par Alto, le TGV couperait en deux de nombreuses propriétés agricoles. Des agriculteurs craignent de perdre l’accès à une partie de leurs terres parce que le TGV doit être clôturé pour assurer la vitesse et la fluidité des trains.
L’organisme a demandé d’avoir des traverses pour les agriculteurs, ou encore de privilégier un train à grande fréquence (TGF). Le TGF n’aurait pas besoin d’être clôturé.
Le Parti québécois, en plus de se retirer du TGV, propose de revoir la législation protégeant les terres. Il vise «zéro perte nette» de terres agricoles.
Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, a réitéré son appui au projet. Il affirme toutefois qu’il pourrait mettre de la pression sur le gouvernement fédéral pour revoir le tracé.
Du côté de Québec solidaire, Ruba Ghazal affirme qu’il est possible de concilier TGV et agriculture. Elle demande à Alto de permettre l’ajout de traverses.