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Interdiction des pitbulls: un «show de boucane» selon Projet Montréal

La semaine dernière, le maire de Montréal, Denis Coderre, a fait savoir qu’il allait bannir les pitbulls et tous les chiens dangereux de son territoire. Membre de son équipe, le maire de Verdun, Jean-François Parenteau votera en faveur de cette nouvelle règlementation en septembre. Pour sa part, l’opposition dénonce les dérives dans le débat.

La motion déposée mardi, qui fait écho à la mort de la Montréalaise Christiane Vadnais en juin, propose notamment d’euthanasier les chiens déclarés dangereux en raison d’attaques, sans avoir nécessairement causé la mort.

«Je suis convaincu qu’un animal reste un animal et qu’il peut avoir des comportements incontrôlés parfois, malgré toutes les bonnes intentions du maître. Je crois aussi que la responsabilité du chien relève entièrement de son maître. Je connais beaucoup plus de bons maîtres que de maîtres irresponsables», a écrit M. Parenteau sur son compte Facebook.

Les propriétaires de Pitbull terrier américain, de Terrier américain du Staffordshire, de Bull terrier du Staffordshire ou de croisements de ces chiens, pourront garder leur animal à condition de se munir d’un permis. Il sera toutefois interdit après l’entrée en vigueur du règlement, de se procurer ces types de chiens.

La stérilisation et le micropuçage de tous les chiens seront exigés d’ici le 31 décembre 2019.

Le maire Parenteau a indiqué que la sécurité des citoyens de Verdun était sa motivation première dans ce débat «émotif».

Basé sur la peur
Pour le porte-parole dans les dossiers animaliers de Projet Montréal, Sterling Downey, la race des chiens n’a pas sa place dans le débat actuel.

«Un propriétaire négligent va simplement se procurer un chien d’une autre race. Le vrai problème, c’est qu’on n’appliquait pas les règlements déjà en vigueur, comme la laisse obligatoire, soutient M. Downey. On remplacerait un règlement non appliqué par un autre non applicable».

Le conseiller d’arrondissement de Verdun votera contre la motion, qu’il qualifie de panic policy making, soit basé sur la peur. «M. Coderre a même choisi ses mots en disant qu’il souhaitait que les gens se sentent en sécurité alors qu’il aurait dû dire qu’ils soient en sécurité», précise M. Downey.

D’après lui, il s’agit tout simplement d’un «show de boucane» puisque sur les six morts causées par des chiens au Québec depuis 1988, cinq sont reliées à des chiens de type Huskie et Malamute. Le seul concernant un pitbull est survenu en juin.

«C’est un décès de trop. Il a été causé par notre négligence, celle de la Ville. Il y a eu plusieurs incidents avec ce chien et personne n’a rien fait», estime-t-il.

M. Downey croit que la solution passe aussi par l’éducation des maîtres, pour éviter que d’autres incidents surviennent lorsqu’un chien est laissé sans surveillance dans un endroit inadéquat ou qu’il est en liberté.

Il rejette l’article stipulant que les propriétaires d’animaux dangereux seraient soumis à un examen de leurs antécédents judiciaires. La mesure serait discriminatoire selon lui, en plus de limiter l’accès à la zoothérapie.

Avant le vote sur le règlement à proprement dit, le conseil municipal de Montréal a débattu mardi après-midi sur le rapatriement des politiques animalières de tous les arrondissements à la ville-centre.

Les chiens verdunois en chiffre
L’arrondissement de Verdun compte plus de 350 chiens potentiellement dangereux enregistrés sur son territoire répartis comme suit:

Doberman->30
Pit Bull->127
Bull terrier->26
Bull mastiff->17
Staford terrier->8
Berger allemand->141
Américain pitbull->8

Source: Arrondissement de Verdun

Le règlement complet peut être lu à cette adresse.

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