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L’«échec de l’année» pour l’Ombudsman de Montréal

L’«échec de l’année» pour l’Ombudsman de Montréal
Photo by: Nicolas Ledain / TC Media

Une plainte d’un commerçant de Rosemont dont le local donne sur une ruelle entravée a donné lieu à une recommandation de la part du bureau de l’Ombudsman de Montréal. L’arrondissement a néanmoins rejeté cette demande.

« On était très déçus, car notre demande était raisonnable et on aurait pu trouver une solution », regrette Johanne Savard, l’Ombudsman de Montréal (OdM).

Dans ce dossier que Mme Savard qualifie d’ « échec de l’année », ses équipes ont tenté de faire entendre les arguments de Sylvain Labine, commerçant sur le boulevard Rosemont.

Ce fabricant de fourrure avait saisi l’OdM pour obtenir une solution concernant la ruelle sur laquelle débouche l’arrière de son local. Le passage situé entre les 5e et 6e avenues a été transformé en ruelle verte par des riverains en 2014 et l’une des entrées est depuis bouchée par un bac fleuri. Les véhicules du magasin doivent désormais faire plusieurs manœuvres pour se garer à l’arrière du bâtiment.

« L’été ça va encore, mais en hiver, quand il y a de la neige partout, c’est compliqué », déplore M. Labine.

De plus, le commerçant affirme que des voitures se garent régulièrement devant l’unique entrée de la ruelle et l’empêchent d’accéder à son local.

« Cela n’arrive pas qu’une fois de temps en temps, c’est un commerce et parfois je dois attendre dix minutes. Je ne peux pas me le permettre », explique-t-il.

Après plusieurs mois de discussions, cinq constatations sur place, la constitution du dossier et des négociations, le bureau de l’OdM a suggéré de réduire la taille du bac fleuri pour laisser passer les véhicules ou de déplacer un poteau électrique afin de faciliter les manœuvres.

L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a néanmoins refusé de faire ces ajustements et a décidé de ne pas donner suite à ce dossier fin 2016 estimant que ce commerçant était capable de se stationner dans la ruelle.

« Selon nous, ce n’est pas acceptable. On n’est pas contre les ruelles vertes, au contraire, mais l’arrondissement devrait faire des aménagements. On a constitué un dossier sérieux, seulement l’Ombudsman ne peut que recommander. Il faut vivre avec le fait qu’on ne peut pas imposer », indique Johanne Savard.

Sylvain Labine n’a pas lancé de nouvelle procédure, mais il n’exclut pas de porter le dossier devant la cour municipale.

« Je pense que j’ai raison. Il y a un manque de volonté énorme de l’arrondissement. C’est clair comme de l’eau de roche, je leur ai mis des bâtons dans les roues et ils n’avaient pas envie de m’aider », estime le commerçant.

L’arrondissement conteste l’avis de l’OdM et considère que cette ruelle verte répond à un besoin sécuritaire pour réduire la vitesse dans cette voie.

« L’Ombudsman a été déraisonnable dans cette affaire. Son préjugé est de défendre les automobilistes qui souhaitent se stationner. Notre préjugé est de préserver la sécurité des gens qui ont demandé cette ruelle », réagit François William Croteau, le maire de Rosemont–La Petite-Patrie.

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