Pendant ce temps, dans les universités anglophones
Pendant que l’Université de Montréal (UdeM) hésite à annuler la dernière session d’hiver et que l’UQAM tente de donner des cours malgré les perturbations, les universités anglophones ont commencé leur session d’automne.
Business as usual? Presque. Si la session d’automne commence en septembre, des mesures sont prises pour adapter les étudiants des 14 cégeps qui n’ont pas pu terminer leur semestre en raison de la grève étudiante.
À l’Université Concordia, où la rentrée se fera le 5 septembre, 265 étudiants proviennent de cégeps touchés par les grèves. L’université leur suggère dans un premier temps de reporter leur rentrée à l’hiver 2013 et les invite à réfléchir sérieusement à cette option.
Autre possibilité, les étudiants peuvent entamer leur formation universitaire tout en complétant leur cégep. L’université se réserve toutefois le droit de limiter le nombre de cours auxquels ils peuvent s’inscrire.
Du côté de l’Université McGill, la porte-parole Julie Fortier précise que l’établissement n’a pas été très touché par le «boycott». Près de 300 étudiants venus de cégeps en grève sont inscrits à McGill et ont consulté un conseiller pédagogique afin de mettre sur pied un plan adapté leur parcours.
«Certains peuvent combiner cégep et bac, pour les étudiants en sciences, où on a un volume important, on offrira des cours supplémentaires à partir d’octobre, et d’autres ont simplement décidé de commencer en janvier», explique Mme Fortier.
«Ç’aurait été beaucoup plus simple si tout le monde avait commencé en même temps», a déploré Martine Desjardins, présidente de la Fédération universitaire du Québec (FEUQ).
Éliane Laberge, présidente de Fédération collégiale du Québec (FECQ) reconnaît que ce n’est pas une situation «confortable», bien qu’elle admette d’emblée que ce ne sont pas une majorité d’étudiants francophones qui sont concernée par cette situation.
En raison des perturbations des derniers jours, l’UdeM a suspendu les cours de 1300 étudiants jusqu’à vendredi et se prononcera sous peu sur la possibilité d’annuler la session de rattrapage qui doit être complétée avant le début de session d’automne, le 1er octobre.
«Une telle décision serait hâtive, estime Mme Desjardins. On sait tous que le 4 septembre, tout peut changer. L’UdeM aurait tout intérêt à être patiente, mais on a vu cette semaine que ça ne fait pas partie de ses qualités.»
L’Université du Québec à Montréal (UQAM) connaît une fragile accalmie alors que les étudiants en sciences humaines, qui représentent la moitié des grévistes, ont voté un retour en classe mercredi soir. Certains cours avaient été annulés cette semaine en raison des perturbations. Une nouvelle assemblée générale est prévue le 5 septembre, au lendemain des élections provinciales.
Loi spéciale
La Loi 12 stipule que les universités sont libres d’établir leurs plans d’aménagement, mais elles doivent s’assurer de ne pas pénaliser les étudiants dont la session d’hiver a été suspendue. Les cégeps ont quant à eux l’obligation de compléter leur semestre d’hiver avant le 30 septembre 2012.