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Mairie de Montréal: Applebaum ou Deschamps?

Photo: Archives Métro

Montréal se trouvera un nouveau maire vendredi. Qui succédera à Gérald Tremblay, Michael Applebaum ou Richard Deschamps? Le conseil de ville se prononcera vendredi matin, par vote secret, pour élire celui qui dirigera la métropole jusqu’aux élections de novembre 2013.

Le résultat est assez imprévisible, mais chose certaine, le candidat d’Union Montréal, Richard Deschamps, ne fait pas l’unanimité au sein de son parti. Quatre conseillers de ville ont à leur tour claqué la porte du caucus, jeudi, dont le leader de la majorité, Marvin Rotrand, qui compte appuyer Michael Applebaum. «On va trouver des façons différentes de faire les choses, moins conflictuelles, beaucoup plus collégiales, a affirmé M. Rotrand en entrevue à Métro, jeudi. Je n’ai absolument rien contre mes anciens collègues ni Richard Deschamps, mais je crois que le message de Michael Applebaum a beaucoup de résonnance. Il a compris les défis dès le début, en disant vouloir créer une coalition, qui va rejoindre les trois partis et les indépendants.»

Bien que Richard Deschamps ait lui aussi annoncé vouloir créer une coalition, mercredi, M. Rotrand considère que c’est trop peu, trop tard. «M. Applebaum a une vision claire, qu’il a bien articulée pendant une semaine : il est devenu le candidat de compromis et de consensus.»

Trois autres conseillers de ville ont également délaissé l’ancien parti de Gérald Tremblay jeudi, soit Christian Dubois, dans Pierrefonds-Roxboro, Ginette Marotte, dans Verdun, et Daniel Bélanger, dans le Sud-Ouest. Ces démissions s’ajoutent aux six autres qui ont eu lieu mercredi.

Union Montréal compte désormais seulement 25 sièges au Conseil municipal. Les deux partis d’opposition, Vision Montréal (16 sièges) et Projet Montréal (10 sièges), détiennent donc plus de pouvoir, avec 26 voix en tout. Cela ne semblait pas trop inquiéter Richard Deschamps jeudi, alors qu’il déposait sa candidature officielle comme maire par intérim pour le parti Union Montréal.

Devant ces durs coups portés au parti, qui porte bien mal son nom ces temps-ci, M. Deschamps s’est dit confiant d’être le candidat optimal «pour rallier les gens, et faire en sorte que Montréal – parce que c’est ça qui me préoccupe – puisse aller de l’avant au cours de la prochaine année de façon beaucoup plus sereine et beaucoup plus calme». «Pour l’instant, il y a encore beaucoup de gens chez Union Montréal, a-t-il ajouté. Il y a des départs, et c’est normal dans des contextes tels que celui que nous vivons.»
jeudi, pour témoigner de leur appui envers M. Deschamps.

L’opposition officielle, Vision Montréal, n’a pas présenté de candidat. La chef, Louise Harel, n’a toutefois pas voulu révéler lequel des deux candidats son parti appuierait. Quant à Projet Montréal, le parti n’a pas voulu faire connaître ses intentions.

  • Les deux candidats:

Richard Deschamps
Richard Deschamps est vice-président du comité exécutif et élu responsable des services aux citoyens depuis avril 2011. Il a été élu pour la première fois en 1999 comme conseiller de l’arrondissement de LaSalle. Avant de se lancer en politique, M. Deschamps a oeuvré pendant une vingtaine d’années en gestion et en consultation auprès d’organisations du secteur privé et de l’éducation.

M. Deschamps a été élu par son parti le 9 novembre comme candidat à la mairie par intérim, mais de nombreuses démissions depuis remettent en question son leadership et sa capacité à rallier le parti. Alors qu’il n’était jusqu’à tout récemment pas ouvert à cette option, il a fait volte-face mercredi en se disant en faveur d’une administration de coalition pour gouverner la Ville jusqu’aux prochaines élections, en novembre 2013.

Jeudi, il a fait savoir qu’il désirait que Québec désigne un vérificateur spécial pour la Ville, à l’instar de la la décision concernant la Ville de Laval. Michael Applebaum l’a accusé, alors qu’il démissionnait du parti, d’avoir voulu cacher les rapports qui faisaient état du gonflement des prix des travaux de construction, à Montréal. M. Deschamps, quant à lui, nie catégoriquement ces allégations, affirmant vouloir rétablir une administration saine à Montréal.

Michael Applebaum
L’ex bras droit de Gérald Tremblay a claqué la porte d’Union Montréal vendredi dernier. Il est maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce depuis 2002. Membre du comité exécutif depuis 2009, il en était le président depuis avril 2011. Il a été élu pour la première fois en 1994 à titre de conseiller de ville pour Notre-Dame-de-Grâce. Celui qui siège maintenant comme indépendant était agent immobilier avant de faire le saut en politique.

À la suite de sa démission fracassante, vendredi dernier, plusieurs l’accusent d’être opportuniste, et de ne pas avoir digéré que ses collègues aient choisi Richard Deschamps plutôt que lui comme candidat à la mairie par intérim. Son intérêt premier est-il vraiment que la lumière soit faite sur la corruption, ou veut-il simplement le pouvoir? Malgré cela, M. Applebaum semble faire davantage l’unanimité auprès des partis d’opposition, lui qui leur a tendu la main dès son saut dans la course.

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