Un quartier thérapeutique pour l’hiver
Afin d’affronter l’hiver et son manque de lumière, les Montréalais pourront compter sur le Quartier des spectacles pour une petite dose de luminothérapie. Dès le 6 décembre, des installations et des projections animeront le quartier dans le cadre du concours Luminothérapie, qui en est à sa troisième édition.
Cette année, le concours, lancé par le Quartier des spectacles, comporte deux volets. Le premier, remporté par le groupe Atomic3 et Appareil Architecture, consiste en une installation géante inspirée du iceberg sur la place des Festivals. Le deuxième volet est une série de vidéoprojections, conçues par Pascal Grandmaison, qui seront diffusées sur huit façades d’immeubles à travers le Quartier des spectacles, qui s’étend de la rue City Councillors jusqu’à la rue Saint-Hubert, du boulevard René-Lévesque à la rue Sherbrooke.
- Iceberg
Des installations d’aluminium recréeront un immense iceberg interactif au cœur de la place des Festivals.
Félix Dagenais et Louis-Xavier Gagnon-Lebrun, qui avaient remporté le concours Luminothérapie l’an dernier avec leur installation Éclats de verre, sur la place Émilie-Gamelin, ont proposé un nouveau projet cette année. Comme l’hiver dernier a tardé à arrivr et a réservé des surprises aux créateurs, ceux-ci ont décidé d’amener d’emblée l’idée d’hiver à travers leur installation. Le iceberg s’est donc imposé par lui-même.
L’œuvre se séparera en trois icebergs de grandeurs différentes, qui formeront une ligne sur la place des Festivals. Puis, sur l’esplanade de la Place des Arts, des petits fragments représenteront la fin de la vie du iceberg. Le parcours se fait donc du nord vers le sud; le plus gros iceberg se retrouvant aux abords de la rue Maisonneuve. «Cela représente le parcours de sa naissance près des côtes du Groenland, lorsque le glacier tombe dans la mer, dans les eaux arctiques, jusqu’à sa dissolution quasi complète sur les berges méridionales des côtes de Terre-Neuve», explique Félix Dagenais.
À l’intérieur des installations, des capteurs réagissent à la chaleur humaine et diffusent une panoplie de lumières et de sons selon le nombre de personnes qui se trouvent sous les différentes arches du iceberg. Chaque fragment de iceberg a donc un comportement lumineux et sonore différent. Plus le iceberg rapetisse, plus les sons sont musicaux, alors qu’ils sont plus organiques au départ.
Les tous petits y trouveront également leur compte, puisque les arches beaucoup moins hautes qui composeront les fragments éparpillés sur l’esplanade de la Place des Arts leur seront destinés.
Du 6 décembre 2012 au 3 février 2013
- Le jour des 8 soleils
L’artiste visuel Pascal Grandmaison a élaboré un parcours poétique, intitulé Le jour des 8 soleils, à travers le quartier. Des projections vidéos, accompagnées de musique et de narration animeront huit pôles importants du Quartier des spectacles. «Cette année, on a mis sur pied un nouveau volet au concours, pour créer une connectivité entre les différents pôles du quartier», explique le directeur de la programmation du Quartier des spectacles.
Les projections formeront un parcours, puisqu’elle seront diffusées sur huit façades différentes : la place Émilie-Gamelin, La Grande bibliothèque, le clocher de l’UQAM, le cégep du Vieux Montréal, le Centre de design de l’UQAM, la place de la Paix, les abords du métro Saint-Laurent et le pavillon Président-Kennedy de l’UQAM.
Le gagnant du deuxième volet a voulu développer l’idée de l’origine de la lumière, un sujet sur lequel il travaillait déjà depuis cinq ans, dans son œuvre. «C’est un peu la métaphore de la luminothérapie, précise Pascal Grandmaison. À travers l’idée de l’origine de la lumière, il y a un personnage qui essaie d’attraper cette lumière. C’est comme si la lumière partait de la galaxie et descendait dans la forêt et dans la ville.»
L’artiste a d’abord présenté au jury une nouvelle littéraire qu’il avait écrite, sur laquelle il s’est basé tout au long du développement du projet. «Je voulais mettre l’accent sur l’émotion que va ressentir le spectateur quand il va parcourir les édifices, explique-t-il. J’ai donc écrit un texte qui décrit quelqu’un qui marche dans la ville et découvre des surfaces en mouvement sur des édifices, puis qui commence à suivre cela comme un élan magnétique.»
Pour accompagner ces images, Antoine Bédard s’est occupé de la conception sonore et Serge Murphy, des textes.
Une musique d’ambiance, qui se situe quelque part entre Sigur Ros et Godspeed You! Black Emperor, accompagne les différents tableaux. Il s’agit d’une progression de huit accords, déclinée en huit variations différentes, selon la façade. «Ça ajoute beaucoup à l’expérience, croit Antoine Bédard. Les images sont intrigantes, mais la musique leur donne une vie, une émotion. Il y a quelque chose de fondamentalement thérapeutique dans l’approche sonore.»
Entre les tableaux, des textes lus par Pierre Lapointe guident le spectateur pendant sa marche.
Le spectateur a le choix : il peut faire le parcours dans l’ordre chronologique, en téléchargeant sur le site du Quartier des spectacles la musique et les narrations respectives, ou télécharger l’application iPhone et déambuler par hasard. L’application gratuite, qui sera également téléchargeable sur le site, s’adapte au marcheur selon sa position dans la ville. Lorsqu’il sera devant une façade, la musique démarrera, alors que quand il se promènera de façade en façade, une narration s’enchaînera.
Du 6 décembre 2012 au 2 mars 2013, au Quartier des spectacles









