Montréal

Ensemble Montréal veut que les hausses de taxes soient annulées

Ensemble Montréal veut que les hausses de taxes soient annulées
Photo by: Josie Desmarais/Métro

L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal veut que l’administration de Valérie Plante annule la hausse de la taxe de l’eau, mais aussi celle de la voirie, de même que la nouvelle charge imposée pour l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) pour réduire les charges fiscales des Montréalais.

«C’est injustifié, a estimé le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez. Les contribuables ont mal digéré la hausse au-delà de l’inflation de l’an passé. On parle de 5% d’augmentation en deux ans. La mairesse doit corriger son erreur, et pour ce faire, elle doit absolument baisser les taxes à travers notre amendement.» L’opposition demande à Valérie Plante de «se serrer la ceinture et de contrôler ses dépenses».

«L’augmentation de la taxe de l’eau (+1%), de la voirie (+0,05%) et de l’ARTM (+0,35%) représente quelque 48,5M$, a ajouté M. Perez. On veut diminuer cette somme-là et éliminer les hausses inutiles.» «Et de toute façon, pourquoi avoir créé une taxe sur l’ARTM? On y contribue déjà. Nous, on l’appelle la taxe Plante», a-t-il ironisé. D’après Ensemble Montréal, les taxes d’arrondissement devraient demeurer inchangées.

Le parti souhaite aussi augmenter les investissements dans les programmes «trop peu généreux» de la réfection du réseau routier. Dans le programme triennal d’immobilisations (PTI) 2019-2021, les montants pour la réfection routière devraient être augmentés de 105M$ pour les grandes artères et de 45M$ pour les rues locales, tranche l’opposition. Elle exige une hausse «graduelle» des investissements sur trois ans.

«Les rapports d’auscultation de nos rues ne mentent pas: 45% de nos rues sont en très mauvais état. On a un déficit d’entretien qu’on ne peut seulement résorber qu’en augmentant les sommes vouées au maintien des actifs.» –Karine Boivin-Roy, conseillère du district de Louis-Riel.

Elle estime que l’administration Plante «ne reconnaît plus l’urgence d’agir». «Les chantiers seront nombreux et s’échelonneront sur de plus grandes périodes en plus. On a beau nous annoncer un revirement de situation, il faut être réaliste», a dit Mme Boivin-Roy.

Ensemble Montréal souhaite par ailleurs saisir le budget du bureau de la ligne rose, à savoir 1M$, et l’utiliser pour un bureau consacré au tramway pour l’est de la métropole, a révélé Métro lundi. Il s’agit d’un projet proposé par la Coalition avenir Québec (CAQ) en campagne électorale.

Ces propositions d’amendement seront déposées mercredi, pendant une séance extraordinaire du conseil municipal organisée pour l’adoption du budget 2019 de la Ville de Montréal.

Attitude «dépensière et inconsciente»
L’opposition a de nouveau dénoncé l’attitude «dépensière et inconsciente de l’administration Plante». «L’administration donne l’apparence que tout est beau, mais quand on creuse plus loin, on voit bien que tout n’est pas sous contrôle. Les dépenses et la dette ont explosé», a expliqué le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousan, estimant que la Ville tente de tromper ses citoyens.

M. DeSousa cite en exemple la politique de gestion de la dette. «On nous dit qu’on est en train de préparer une stratégie pour les 12 prochains mois, mais d’ici là, on nous demande de donner un chèque en blanc, de permettre les dépenses sans plan de rattrapage, a-t-il souligné. J’ai des gros doutes.» «Si on dépense trop en décembre, on est forcés de payer la note après Noël, sauf que la Ville refile la facture à ses résidants», a-t-il condamné.

L’opposition dit aussi reprocher à l’administration une augmentation «insensée» des effectifs et des ressources humaines. «On parle de 533 années-personnes en un an, sur un total de 22 000. C’est du jamais vu», a fulminé Lionel Perez.

Pour la mairesse de Montréal, Valérie Plante, il faut voir «qu’il n’y a que l’opposition officielle qui serait prête à voter contre ce budget». «Il a été bien reçu par le monde des affaires, par les organismes communautaires, les groupes environnementaux. C’est un budget d’une très grande transparence», a-t-elle indiqué.

Appelée à réagir sur les trois amendements proposés, Valérie Plante a dit vouloir attendre le débat du conseil municipal de mercredi. Elle s’est tout de même avancée sur l’idée de saisir le budget du bureau de la ligne rose pour le confier au projet de tramway de l’Est.

«J’ai de la misère à comprendre la logique de cette idée, a-t-elle dit. Ensemble Montréal est en train de dire que la ligne orange à pleine capacité, ce n’est pas grave. On est en train de dire aux gens de Saint-Léonard, Lachine, Rosemont et Saint-Michel que tant pis, on ne s’occupe pas de vous. (…) On met tous nos œufs dans le même panier, et c’est le tramway. Moi, je l’ai toujours dis. Ce n’est pas un projet de transport en commun qu’il faut à Montréal, ça en prend plusieurs.»

 

Des propos jugés sexistes

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a déploré, mardi après-midi, les propos sexistes du maire de Sainte-Laurent, Alan DeSousa, qui critiquait le deuxième budget de son administration.

En matinée, M. DeSousa, a décrit le budget de l’administration de Projet Montréal comme un exercice financier «avec beaucoup de maquillage, de mascara et de rouge à lèvres». «Quand on enlève le maquillage, c’est très laid, épeurant et explosif même», a dit le maire de Saint-Laurent.

«En 2018, est-ce qu’on peut arrêter d’utiliser des termes qui, somme toute, viennent à la trousse de mots sexistes?», a répliqué la mairesse Valérie Plante.

«On parle d’un budget, a-t-elle renchéri. C’est un exercice sérieux, rigoureux. On peut ne pas être d’accord, mais de parler de mettre du rouge à lèvres sur un budget, franchement. Quel âge ils ont?»

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