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Remue-méninges chez Angus

Avez-vous déjà vu un architecte argumenter avec un urbaniste, tout en niaisant gentiment un ingénieur? Moi non… jusqu’à jeudi. Dans le jargon, ça s’appelle une «charrette d’idées», c’est à dire un remue méninges intensif autour d’un projet. Il s’agissait là, d’amener des idées nouvelles pour le développement d’une énorme parcelle vacante (six terrains de football), sur le Technopôle Angus, au sud-ouest de l’arrondissement Rosemont. Les journalistes étaient invités.

«On veut, pour ce site, qu’il y ait de la convivialité et de la connectivité avec le reste du quartier tout en créant de l’emploi et en restant rentable», explique Christian Yaccarini, président de la Société de développement Angus à la vingtaine d’experts internationaux venus gratuitement. Il est chanceux, avec la tenue du Sommet mondial Écocité, les spécialistes ne manquent pas cette semaine à Montréal!

Par contre, ça va être un vrai cauchemar de journaliste pour vous raconter ça !

14h-
Je suis dans l’une des trois salles, celle intitulée Aménagement. À table, un animateur et six professionnels. Après avoir fait le tour, en autobus, du site au complet, ils donnent leurs premières impressions. La plus cinglante est celle de l’architecte paysagiste du Saguenay, Sylvie Pilotte : «J’ai trouvé ça froid comme environnement, c’est très compartimenté et les bâtiments ont trop la même couleur». Ouch!!

Il faut dire que le site est coincé, à gauche par une voie de chemin de fer, au nord par un tronçon complètement dévitalisé de l’avenue du Mont-Royal (oui ça existe!) et au sud de la rue Rachel, par un vieux centre commercial. Cet ancien site de fabrication de locomotives, désormais reconverti, manque cruellement de points d’attraction pour les 2000 personnes qui y travaillent désormais et pour les résidents du quartier.

Après deux heures d’une discussion animée, les six pros ont retenu un concept. La parcelle sera coupée dans la diagonale par une rue. «L’ADN de l’îlot s’inspirera géométriquement et architecturalement du quartier, qui mêle blocs résidentiels (Maman) et bâtiments industriels (Papa) », résume l’architecte torontoise, Brenda Webster.

L’ingénieur spécialisé en énergie, Jean Barette, renchérit. La parcelle orientée à 15 degrés vers l’Est est idéale pour des bâtiments LEED. «Ça permet d’avoir un ensoleillement matin, midi et après-midi, tout en recevant les vents de l’Ouest pour l’aération. »

17h Plus que 10 minutes. L’animateur, Pierre Goyer, sort sa calculatrice. «Avec les rues, les stationnement et les espaces verts que vous avez créés, on perd 35% de la surface. Des 400 000 pi2, il reste désormais 265 000 pi2 constructibles. Comme on peut construire à 3 ou 4 étages, ça nous fait un peu plus de 800 000 pi2. Est-ce que ça va être rentable économiquement par rapport à un édifice qui prendrait toute la surface ?»

Mme Webster répond : «On perd 35% de surface, mais en créant des édifices plus aérés sur la parcelle, on va augmenter la valeur des terrains et des édifices aux alentours d’environ 25 à 40%, alors on s’y retrouve.»

17h30.
Les trois tables se réunissent pour exposer la synthèse de leurs idéations. J’ai bien aimé les résultats de la table qui planchait sur les actions à prendre pour créer de l’animation sur le site. On proposait notamment, en attendant que le site se construise, de planter un champ de maïs, de façon à créer un labyrinthe ou d’organiser des projection de cinéma extérieur… C’est marrant les charrettes!

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