Montréal

Environnement: Ferrandez amène des idées «fort intéressantes», reconnaît Valérie Plante

Environnement: Ferrandez amène des idées «fort intéressantes», reconnaît Valérie Plante
Photo: Josie Desmarais/MétroLa mairesse Valérie Plante, lors de l'inauguration des nouveaux paddocks du circuit Gilles-Villeneuve.

Si bon nombre d’idées environnementales proposées par Luc Ferrandez lors de sa démission sont à explorer dans les prochaines années, certaines d’entre elles ne sont pas tout à fait réalistes à l’heure actuelle, a estimé mercredi la mairesse de Montréal Valérie Plante.

«Plusieurs mesures sont fort intéressantes, mais certaines demandent de faire des sacrifices dans d’autres enveloppes budgétaires et de complètement évacuer d’autres éléments», a-t-elle constaté, en marge de l’inauguration des nouveaux paddocks de la F1 au parc Jean-Drapeau.

Dans sa lettre de démission, mardi, M. Ferrandez affirmait qu’un «vrai programme» politique devrait aller au-delà de «gestes anecdotiques» que resteront l’interdiction du mazout ou le bannissement des plastiques à usage unique s’ils ne sont pas accompagnés d’un plan environnemental global.

Ce vrai plan environnemental taxerait selon lui le stationnement «sur rue et hors rue», mais aussi l’entrée au centre-ville, les investissements étrangers et les déchets, entre autres.

Questionnée à ce sujet, la chef de Projet Montréal a déclaré qu’elle n’avait jamais eu écho de ce plan auparavant. «Il y a certains éléments dont on avait discuté, il y a même des choses qui sont dans nos cartons, mais ce plan-là, moi je ne l’avais jamais vu», a-t-elle souligné.

Elle a dit vouloir utiliser sa position de mairesse pour faire avancer l’environnement «sur le plan transversal», en ayant un «impact positif» sur les partenaires de la Ville en habitation, en transports, en économie ou encore dans le secteur des infrastructures.

«Luc [Ferrandez] a fait ce qu’il pouvait dans la situation actuelle. Il a pris une décision basée sur son incapacité. Il a atteint une certaine limite à vouloir faire avancer certains dossiers, dont l’environnement, dans le cadre tel qu’il est. Comme agent libre, il pourra pousser les dossiers qui l’interpellent.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Plusieurs intervenants ont décrié le peu de latitude laissé à Luc Ferrandez au comité exécutif dans les derniers mois, d’autant plus que le principal intéressé se disait mardi être «incapable d’influencer la mairesse sur la gravité de la situation».

Mais pour Valérie Plante, «il était l’élu qui avait la plus grande tribune et à qui j’ai laissé beaucoup de latitude». «Je ne peux pas accepter cette critique, a-t-elle dit. Au contraire, je suis une mairesse qui laisse de la place.»

La mairesse a avoué avoir eu certains conflits avec lui au fil du temps. «Il a son langage coloré qui a fait sa marque de commerce […]. Oui, des fois, on avait des différends, mais c’est normal, ça fait partie de la vie. C’est dur faire de la politique quand on a des idéaux et une vision forte. On doit faire des compromis, on doit s’adapter», a-t-elle illustré en parlant de son collègue.

«J’ai l’impression de berner les citoyens en leur faisant croire que nous prenons collectivement tous les moyens qui s’imposent pour ralentir le rythme de destruction de notre planète.» -Luc Ferrandez, maire sortant du Plateau-Mont-Royal, ajoutant avoir une «impression d’imposture» envers ses électeurs.

Le départ du populaire élu n’ira pas jusqu’à nuire à la crédibilité environnementale de Projet Montréal, croit Valérie Plante.

«Ce n’est pas le parti d’une personne. Ce n’est pas le parti de Valérie Plante, pas le parti de Luc Ferrandez, et ce n’était pas le parti [de l’ancien chef] Richard Bergeron, a martelé la politicienne. C’est un parti fort avec des valeurs et une vision et pour moi, c’est très rassurant. Les membres sont là depuis longtemps.»

Toute l’administration adhère d’ailleurs à cette urgence d’agir, d’après Mme Plante. «Il y a une crise climatique et il faut agir, mais il faut comprendre que la Ville ne peut pas agir seule, a-t-elle renchéri. Il y a des limites. Il faut travailler avec Québec et Ottawa. C’est pour ça que je me bats pour faire inverser la pyramide des investissements en transport collectif.»