Montréal

Centre Galileo : bras de fer entre le ministre de l’Éducation et la Commission scolaire English-Montréal

Centre Galileo : bras de fer entre le ministre de l’Éducation et la Commission scolaire English-Montréal
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneLe ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-Francois Roberge

La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) a voté en faveur du transfert des étudiants du Centre Galileo pour aider à résoudre les problèmes de manque d’espace de la Commission scolaire de la Pointe de l’Île (CSPI). Une décision condamnée ce matin par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et qui risque de mettre en danger trois écoles de la CSEM.

Ce ne sont pas moins de 3000 élèves de la Commission de la Pointe de l’Île qui n’ont pour le moment toujours pas d’écoles pour la prochaine rentrée scolaire. Depuis plusieurs années les discussions entre la Commission scolaire English-Montréal (CSEM) et la CSPI ont été engagées.

Alors que la CSEM proposait au mois d’avril le centre Galileo pour pallier le manque d’espace de la CSPI, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait annoncé être contre le transfert des étudiants de ce centre d’éducation pour adultes qui compte des élèves ayant des besoins intellectuels et physiques particuliers. Dans un communiqué parut ce matin, M. Roberge insiste une fois de plus que sa « position n’a pas changé. Nous considérons toujours que le transfert de l’école Galileo et le déménagement d’élèves extrêmement vulnérables qui fréquentent cette école ne constituent pas une solution appropriée pour répondre au besoin d’espace de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île. »

Mais sans nouvelles propositions, le ministre de l’Éducation imposera le transfert de 3 écoles anglophones si aucune solution ne lui est amenée avant le 10 juin par la CSEM.

Trois écoles en péril

Avec 8 votes en faveur, 4 votes contre et une abstention, le Centre Galileo sera encore une fois proposé, malgré la position du ministre. « Choquée et déçue » du choix fait par les commissaires, Angela Mancini, présidente de la CSEM, appuie que cette décision mettait « en danger les écoles. Le ministre a dit qu’il ne voulait pas que cela se produise ».

Québec pourrait donc prendre la décision de transférer les écoles primaires Gerald McShane et General Vanier, ainsi que l’école secondaire John Paul I à la CSPI.

Si plusieurs commissionnaires voient le Centre Galileo comme la seule solution envisageable, d’autres, comme Sylvia Lo Bianco sont « consternés » et choqués « qu’on considère encore de bouger ces étudiants » ayant des besoins spéciaux.

Ayant un fils étudiant dans ce centre, Frank, explique se sentir « abandonné par la commission ». D’après ce père de famille, le vote de mardi soir montrer que les commissaires « ne sont pas intéressés à faire le bon choix, ils veulent juste protéger les écoles dont ils se soucient, et on n’en fait pas partie ».

Les programmes du centre Galileo seraient ainsi répartis dans deux différentes écoles. Les étudiants ayant des besoins spéciaux iraient donc au centre carrière St Pius X. Un transfert qui les obligera à parcourir jusqu’à 8 kilomètres de plus chaque jour pour certains.

Location et vente

Si les tensions se faisaient sentir autour de la question du centre Galileo, les commissaires étaient tout de même d’accord pour les autres propositions qui étaient au vote mardi soir.

La CSEM a donc décidé de louer, et éventuellement vendre, à la CSPI une école excédentaire inoccupée dans Rivière-des-Prairies.

La location temporaire d’une autre école vide de la CSEM qui se trouve au coin de l’avenue Henri-Julien et du boulevard Crémazie a également été votée unanimement par les membres de la Commission.

Enfin, la CSEM entend vendre un terrain qui se trouve à l’arrière de l’ancienne école Maclaren dans Pointe-aux-Trembles à la CSPI.