Montréal

Avenir du Quartier chinois: la spéculation immobilière préoccupe

Avenir du Quartier chinois: la spéculation immobilière préoccupe
Photo: Josie Desmarais / MétroLe Quartier chinois de Montréal./ Josie Desmarais

Des organismes pressent la Ville de Montréal de trouver des solutions pour limiter les impacts de la spéculation immobilière dans le Quartier chinois. Le tout alors que l’administration Plante lance une consultation publique sur l’avenir du secteur.

Dès le mois d’août, l’arrondissement de Ville-Marie effectuera plusieurs rencontres avec des résidents et des commerçants afin de dresser le portait des besoins du quartier, qui se dresse de part et d’autres du boulevard Saint-Laurent. Des ateliers de travail visant à élaborer un plan de développement s’échelonneront ensuite jusqu’en novembre.

«On veut que la communauté nous partage sa vision [du Quartier chinois]», explique à Métro le responsable du développement économique et commercial à la Ville de Montréal, Robert Beaudry.

Le Centre d’écologie urbaine de Montréal mènera la consultation. Son rapport sera complété d’ici la fin de l’hiver prochain.

Projets immobiliers

Le Quartier chinois est encerclé de projets immobiliers en construction.

Dans les années 1970 et 1980, la construction de plusieurs édifices, dont le Palais des congrès et le Complexe Guy-Favreau, ont nettement réduit l’espace occupé par le Quartier chinois.

Des organismes représentant la communauté chinoise craignent maintenant que l’histoire se répète. Le secteur est actuellement entouré d’importants projets immobiliers privés en construction.

«On a besoin de plus d’espaces verts. En ce moment, on voit qu’il y a beaucoup de condos de luxe qui sont construits tout autour», soulève la directrice du Service de la famille chinoise du Grand Montréal, Xi Xi Li

«On a peur de voir le Quartier chinois disparaître.» -Xi Xi Li, directrice du Service de la famille chinoise du Grand Montréal

Le lancement de cette consultation publique fait écho à une demande inscrite dans une pétition lancée à la fin février par un organisme. Celle-ci réclamait par ailleurs un moratoire sur tout développement immobilier dans le secteur, ce que n’envisage toutefois pas la Ville.

«Les frontières du Quartier chinois démarquent un espace géographique très petit au coeur du centre-ville. Donc, il y a beaucoup de concurrence. Il y a beaucoup de projets immobiliers qui n’ont absolument rien de chinois qui prennent forme», déplore la porte-parole des Chinois progressistes du Québec, l’organisme à l’origine de cette pétition, May Chiu. 

Locaux vacants

Un local commercial vacant sur le boulevard Saint-Laurent, en plein coeur du Quartier chinois.

Selon Mme Li, la Ville devrait mettre en place un système de taxation dédié aux «spéculateurs». Il viserait les propriétaires qui achètent des locaux dans le seul but de les revendre plus cher quelques années plus tard. Cette spéculation contribuerait à une hausse du prix des loyers difficile à supporter pour les personnes «à revenus modestes» qui demeurent dans le Quartier chinois.

«C’est un enjeu qu’on vit partout à Montréal», souligne M. Beaudry. La Commission sur le développement économie et urbain et l’habitation étudiera d’ailleurs, cet automne, la possibilité d’imposer une taxe aux propriétaires de locaux vacants.

«La Ville essaie de banaliser nos inquiétudes en disant que la gentrification se passe partout à Montréal. Mais ici, on est dans un lieu historique et culturel», fait toutefois valoir Mme Chiu, qui est également avocate.

Le Quartier chinois, établi à la fin du 19e siècle, est considéré comme l’un des plus anciens quartiers asiatiques en Amérique du Nord. À la suite de la libéralisation de l’économie chinoise à la fin des années 1980, de nombreux commerces ont vu le jour dans ce secteur. Aujourd’hui, le Quartier chinois compte parmi les attraits touristiques majeurs de la métropole.