Le Plateau verdit un îlot de chaleur dans un secteur en pleine effervescence

Le Plateau verdit un îlot de chaleur dans un secteur en pleine effervescence
Photo: Charlotte Lopez | TC Média

Le Plateau-Mont-Royal plantera une soixantaine d’arbres dans un secteur considéré comme un immense îlot de chaleur, a constaté Métro.

Dans un appel d’offres lancé récemment, l’arrondissement décrit son intention de verdir cinq parcelles de terrain asphaltées totalisant près de 1800 m2

Situé le long d’une voie ferrée du Canadien Pacifique, le Plateau-Est est en pleine ébullition. Entre 2012 et 2018, le nombre d’entreprises spécialisées, notamment dans les technologies de l’information et le design, est passé de 299 à 400, selon un rapport publié l’an dernier par PME MTL.

Ce secteur demeure toutefois peu convivial pour ceux qui désirent y rester. Un rapport publié en 2015 par l’Office de consultation publique de Montréal le qualifie d’ailleurs d’«immense îlot de chaleur» en raison d’un manque d’arbres dans le Plateau-Est.

«Les zones d’emplois attractifs, ce sont les zones où il y a un milieu convivial. Donc toute la question de l’aménagement d’espaces frais en été qu’on peut occuper à l’année longue, c’est très important pour attirer des employés, mais aussi pour les garder. Si on a un milieu de travail accueillant, on a plus de chances de demeurer dans le secteur», a souligné à Métro le responsable des campagnes espaces verts et milieux naturels au Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, Emmanuel Rondia. 

Le secteur d’emplois de Plateau-Est a été considéré en 2015 par l’OCPM comme un «immense îlot de chaleur».

Les parcelles de terrain en question sont actuellement occupées par des entreprises du quartier. Dans les derniers mois, l’arrondissement a constaté qu’il est, en fait, propriétaire des lots.

«C’est beaucoup plus simple pour nous de planter des arbres sur des secteurs qui nous appartiennent. Dans les 10 dernières années, on a planté énormément d’arbres et ça devient difficile de trouver des endroits pour en planter. Donc, chaque opportunité d’en planter, on la saisit», a expliqué à Métro la conseillère du district De Lorimier, Marianne Giguère.

Changements climatiques

L’arrondissement n’a pu fournir à Métro une évaluation de la facture de ce projet, qui pourrait se concrétiser «dès cet automne». Mme Giguère assure toutefois qu’il s’agira d’un investissement rentable à long terme, car il permettra de rendre le secteur plus résistant aux changements climatiques.

«Les arbres jouent un rôle important pour capter l’eau de pluie quand on a de fortes précipitations. Surtout qu’on sait qu’on va en avoir de plus en plus», a-t-elle souligné. 

L’arrondissement entend également bonifier le réseau cyclable dans le quartier. Il poursuivra aussi ses discussions avec la Société de transport de Montréal (STM) afin d’augmenter l’offre de transport par autobus dans ce secteur.

«La STM est en train de revoir tout son réseau de bus dans le cadre d’une refonte. Les pôles d’emplois font partie des secteurs priorisés», a indiqué par courriel une porte-parole de la société de transport, Amélie Régis.

Planification

La Ville doit planifier «dès maintenant» les endroits qu’elle compte verdir dans les prochaines années, estime Emmanuel Rondia. Elle évitera ainsi d’avoir à retirer l’asphalte sur des terrains afin de planter des arbres dans le futur, sur le Plateau ou ailleurs.

«C’est le temps d’agir alors que le secteur est en train de se transformer. Il faut avoir cette vision intégrée dans la manière où on verdit», a-t-il affirmé. 

Un constat que partage Mme Giguère.

«Il faut prendre le temps de faire des réserves foncières et d’utiliser le droit de préemption, de telle sorte que la Ville va pouvoir acquérir les meilleurs terrains pour faire des parcs et du verdissement sans avoir à racheter à gros prix des espaces comme ça a été le cas à Griffintown», a-t-elle déclaré.