Montréal
12:24 3 septembre 2019

Le bail du Golf Exécutif Montréal à L’Île-des-Sœurs bientôt résilié ?

Le bail du Golf Exécutif Montréal à L’Île-des-Sœurs bientôt résilié ?
Photo: (Photo: IDS/Verdun Hebdo – Isabelle Bergeron)En vue de la résiliation du bail des gestionnaires du Golf Exécutif Montréal, il est trop tôt pour évaluer ce qui pourrait remplacer le golf, soutient le maire de Verdun, Jean-François Parenteau.

Pour plusieurs, la fin de la saga du golf de L’Île-des-Soeurs approche avec l’annonce de l’arrondissement de Verdun, qui compte résilier le bail ratifié en 2007. Mais pour les gestionnaires du Golf Exécutif Montréal, il ne s’agit que d’un nouveau chapitre. Ils considèrent répondre éventuellement par un recours en justice.

«La limite de notre patience a été atteinte. On a tout fait en notre pouvoir sur l’aspect de la ‘bonne entente’ pour régler [le litige]», a fait savoir le maire Jean-François Parenteau.

Une motion sera présentée au conseil d’arrondissement de mardi pour résilier le bail emphytéotique de 40 ans, avec une possibilité de prolongation de 30 ans, ainsi que pour mandater les services juridiques de la Ville de Montréal.

Une seconde motion visera à soumettre une demande d’injonction pour mettre un terme aux «nuisances» causées par l’éclairage du golf, vivement critiqué par le voisinage.

«C’est une position très agressive, estime le vice-président de Golf Exécutif Montréal, Guillaume Boulanger. Nous, on a appris [cette décision] dans La Presse, la semaine dernière.»

Aucune démarche juridique à l’endroit de l’arrondissement n’est exclue pour le moment. «On est là pour rester», insiste M. Boulanger.

La dernière rencontre avec les avocats des deux partis remonte au mois de juillet.

Dissension

L’arrondissement aurait refusé de signer conjointement un communiqué qui soulignait les nouvelles mesures prises pour atténuer les problématiques d’éclairage, selon Guillaume Boulanger. L’administration verdunoise dit quant à elle ne jamais l’avoir même reçu.

Après plusieurs tests dans les derniers mois, des pièces de métal ont été installées en bordure de chacune des lampes dans le but restreindre le rayonnement lumineux.

À moins d’une preuve que les «exigences» sont rencontrées, l’arrondissement ira tout de même de l’avant avec ses démarches juridiques, a souligné M. Parenteau.

Or, «le maire sait depuis quelques semaines que les tests ont été concluants», plaide M. Boulanger.

Contestations

Éclairage, usage de l’eau potable de la Ville plutôt que celle du fleuve Saint-Laurent pour arroser les verts, la liste de critiques adressées au golf n’a cessé de s’allonger au cours des dernières années.

Sans compter le prix des abonnements. Les forfaits varient de 5 000$ à 15 000$ pour les joueurs réguliers. La facture pour les membres affaires se situe plutôt entre 7 500$ et 25 000$.

Le golf insulaire n’a toujours pas atteint la rentabilité, déclare Guillaume Boulanger. «Menacer une entreprise de résiliation de bail, vous comprendrez l’effet que ça a sur la clientèle», dit-il, qualifiant le tout de «campagne de salissage publique».

En raison de l’arbitrage, le maire Parenteau se faisait peu bavard lors des questions des résidents durant les séances du conseil d’arrondissement, entraînant de l’impatience de la part des Insulaires depuis les derniers mois.

«Comme il y avait une démarche juridique, c’était important de ne pas négocier sur la place publique, explique-t-il. On n’aurait pas servi la cause.»

Une manifestation prévue samedi dernier pour accroître la pression sur l’arrondissement a été annulée en raison de la décision de l’administration Parenteau de résilier le bail.

«On trouvait qu’il était peut-être temps de s’allier au maire et de protester davantage face au golf», indique un des porte-parole du groupe citoyen Comité d’Action Accès Golf, Gaspard Fauteux.

Une pétition critiquant le golf et l’arrondissement a recueilli environ 1 400 signatures au cours des derniers mois.