Longueuil dénonce à son tour le financement «à deux vitesses» de la police
À l’instar de la Fédération des policiers et policières municipaux (FPMQ), la mairesse de Longueuil Sylvie Parent dénonce «l’injustice» du financement «à deux vitesses» des services de police au Québec.
«Si le gouvernement permet à des villes d’épargner en choisissant d’avoir recours à la Sûreté du Québec (SQ), il doit alors compenser les villes qui doivent financer leur service de police», tonne l’élue municipale dans une déclaration écrite parue jeudi.
Rappelons qu’à l’heure actuelle, les corps policiers municipaux ne touchent aucune aide gouvernementale. La SQ, pour sa part, reçoit un soutien d’environ 300 M$ annuellement, soit près de 50% de son budget. Une somme qui a même été bonifiée il y a quelques mois.
Pour réparer cette injustice, la FPMQ a réclamé dimanche dernier la somme de 788 M$ au gouvernement Legault.
Selon Mme Parent, l’essentiel du problème résiderait dans le fait que la plupart des municipalités voient déjà les coûts de leur service de police fluctuer «en fonction de leur réalité sociale, démographique et même géographique».
«On ne peut pas, en plus, creuser l’écart en favorisant ceux qui sont desservis par la SQ. C’est une question d’équité envers les contribuables.» -Sylvie Parent, mairesse de Longueuil
Montréal aussi préoccupée
Rappelons que le week-end dernier, en marge du conseil général de Projet Montréal, la mairesse de Montréal Valérie Plante s’était elle aussi faite catégorique.
«Devant l’explosion des coûts de sécurité publique, les municipalités ne peuvent y arriver seules. C’est pourquoi il est important d’avoir l’appui du gouvernement», a-t-elle indiqué.
Une situation «d’autant plus vraie pour Montréal», selon Mme Plante.
«La métropole possède le seul corps policer de niveau 5 au Québec, ce qui vient avec des responsabilités supplémentaires importantes», a-t-elle noté.
Des défis «importants»
Dans une lettre envoyée à la ministre provinciale de la Sécurité publique Geneviève Guilbault, Mme Parent en rajoute une couche.
«Nous sommes préoccupés par le fait qu’une agglomération comme Longueuil, dont le budget pour son service de police frôle les 110 M$ [18% des fonds de la Ville], ne pourrait pas bénéficier d’une certaine forme de compensation», s’indigne-t-elle.
En outre, Longueuil recommande à la CAQ de créer un comité consultatif qui réunirait les municipalités autour de l’enjeu de financement des services de police. Le tout pourrait être articulé autour du caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
L’enjeu du financement des corps policiers est d’ailleurs revenu à l’avant-plan, jeudi, lors d’une séance de sa Commission de la sécurité publique de l’UMQ. Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, a entre autres souligné que les municipalités travaillent actuellement «à proposer une solution gagnant-gagnant au gouvernement».
Appelée à réagir, la directrice des communications au cabinet du maire de Laval, Valérie Sauvé, a indiqué que Marc Demers «préfère attendre les conclusions de l’UMQ avant d’aborder ce sujet».
Le débat entourant le financement des services policiers municipaux ne date pas d’hier. Déjà, en 2011, des syndicats en faisaient leur cheval de bataille.