Montréal
16:50 25 mars 2020 | mise à jour le: 25 mars 2020 à 17:05 temps de lecture: 3 minutes

Entraide dans les files d’attente de l’assurance-emploi

Entraide dans les files d’attente de l’assurance-emploi
Photo: IDS/Verdun-Hebdo - Katrine DesautelsUn groupe de femmes ont prêté leur téléphone cellulaire aux personnes n’ayant pas Internet à la maison, afin qu’ils remplissent leur demande d’assurance-emploi en ligne.

Les personnes ayant perdu leur travail se présentent par dizaine aux bureaux de Service Canada, même avant l’ouverture des portes espérant que l’assurance-emploi leur permettra d’avoir droit aux chômages et à l’aide d’urgence. Mesures de distanciation obligent, les gens doivent attendre à l’extérieur avant d’être servis. Mais au-delà des inquiétudes, il y a la solidarité.

Arrivées à 7h30 dans le hall d’entrée sur la rue Wellington à Verdun, mercredi matin, Rachel, Bianca et Marie ont décidé d’aider ceux qui n’avaient pas Internet pour accélérer le processus d’inscription. À l’aide de leur téléphone intelligent, elles remplissent de nombreux formulaires.

«Quand on a parlé à un employé [de Service Canada], il nous a dit de faire la demande de chômage en ligne pour recevoir l’argent plus rapidement», indique l’une d’elles.

En principe, les prestations sont acheminées dans les 28 jours après une demande en ligne alors que sur place, avec des documents papier, le délai est de deux mois. Toutefois, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé en point de presse que des chèques pourraient être émis aussi rapidement que 10 jours plus tard dans certains cas.

Bianca ajoute qu’elle a découvert que, lorsqu’on utilise le site en anglais, «ça fonctionne mieux et plus vite» parce qu’il semble moins sollicité.

Les trois femmes font ainsi bénéficier leur information et leurs outils à un maximum de personnes.

File d’attente

La semaine dernière, les demandes d’assurance-emploi ont explosé. «Quand j’essaie d’appeler, ça ne répond pas. Quand j’essaie en ligne, ça ne marche pas non plus. C’est pour ça qu’on est venue tôt», témoigne Bianca.

De son côté, Rachel a fait plusieurs tentatives. «Chaque fois que j’essayais depuis la semaine passée, le site plantait. J’ai finalement réussi en me mettant une alarme à 3h30», raconte-t-elle.

Le premier ministre Trudeau a admis qu’il s’agissait d’un volume d’appels historique. Depuis lundi, le gouvernement a traité près de 150 000 demandes d’assurance-emploi, si bien qu’Ottawa a dépêché 13 000 fonctionnaires d’autres départements pour prêter main-forte.

De plus, la façon d’accéder au site a changé. «Avant on nous demandait un code, maintenant on n’en a plus besoin, fait savoir Rachel. Ça va un peu plus vite.»

Plans gouvernementaux

Avec les entreprises, les commerces et plusieurs services non essentiels fermés au moins jusqu’au 13 avril, en plus des personnes en quarantaine parce qu’ils ont contracté ou ont été en contact avec des personnes ayant la COVID-19, des centaines de milliers de travailleurs se retrouvent sans source de revenus. Comme la majorité des ménages vivent d’une paye à l’autre, plusieurs manquent de liquidité.

Afin d’aider ceux qui ne sont pas nécessairement éligibles à l’assurance-emploi, le gouvernement fédéral versera une allocation de soins d’urgence de 450 $ aux deux semaines pour un maximum de 15 semaines.

Ottawa a aussi annoncé une Prestation canadienne d’urgence de 2000$ par mois, pour les quatre prochains mois, spécifiquement pour les gens affectés par la crise du coronavirus. 

Du côté provincial, un Programme d’aide temporaire aux travailleurs (PATT) permet aux travailleurs à ceux sans emploi d’obtenir 573$ par semaine pour un maximum de 4 semaines.

Pour plus d’info:

canada.ca/fr/emploi

canada.ca/coronavirus 

quebec.ca/coronavirus

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