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Jour du loyer: Québec appelé à créer un Fonds d’urgence pour les locataires

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Des logements à Montréal Photo: Archives Métro

Des organismes de défense des droits en matière de logement ont appelé mercredi le gouvernement Legault à l’action. Ils estiment que plusieurs locataires ne pourront payer leur loyer dû à une perte de revenus importante associée à la crise du coronavirus.

«Une simple invitation aux propriétaires à se monter compréhensifs n’est pas suffisante», explique le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires (RCLALQ), Maxime Roy-Allard. Il dénonce que Québec se «fie seulement à la bonne foi» du marché, même si plusieurs corporations refusent d’entamer un dialogue avec leurs membres-payeurs.

Le groupe somme le gouvernement Legault de mettre sur pied un Fonds d’urgence en attendant l’aide fédérale. Celle-ci n’arrivera qu’à partir de la mi-avril pour certains. «La situation est urgente. L’angoisse des ménages est vraiment importante. Le gouvernement doit sortir de l’argent», lance le responsable.

Pour l’organisatrice communautaire au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, l’aide fédérale ne sera pas suffisante pour plusieurs ménages. «Il y a des locataires, y compris des personnes seules, qui paient jusqu’à 2000$ pour avoir un toit à Montréal. La prestation ne leur sera même pas suffisante pour se loger et se nourrir. Ça prend un plan de match», tonne-t-elle.

«Ça prend rapidement une mesure universelle. Envoyer des messages d’ouverture, c’est bien, mais ça n’a aucun poids légal et ça ne met personne à l’abri.» – Véronique Laflamme, du FRAPRU

Les organismes craignent que les «nombreuses demandes» pour non-paiement du loyer en lien avec la COVID-19 soient entendues «dès la levée de l’urgence sanitaire», prévue le 7 avril pour le moment. «L’annulation des loyers et des hypothèques est la meilleure chose à faire. Ça va soulager à la fois les locataires et les propriétaires, raisonne M. Roy-Allard. Ça se fait déjà à New York et dans plusieurs pays européens.»

Mardi, le parti Québec solidaire a quant à lui demandé au gouvernement d’émettre un «décret d’urgence» pour reporter le paiement des loyers et des hypothèques à la fin du mois d’avril.

«Parlez-vous du loyer», dit la CORPIQ

À la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), le directeur des affaires Hans Brouillette dit vouloir rassurer les locataires. «Personne ne devrait s’inquiéter. Il n’y aura pas d’éviction ni demain, ni dans les prochaines semaines. Nos membres ne voudront mettre personne dehors étant donné les circonstances», argue le porte-parole.

«Si le Québec n’avait pas interdit d’exiger un dépôt de garantie, on n’en serait pas là. Il y aurait en fait une marge de manœuvre.» – Hans Brouillette, de la CORPIQ

Il appelle les propriétaires et leurs locataires à entamer «rapidement» un dialogue, dès mercredi. «Parlez-vous du loyer tout de suite, juge-t-il. Une fois que le propriétaire est rassuré, l’enjeu sera de déterminer ensemble à quel moment le paiement aura lieu.»

D’ici là, Québec pourrait imaginer une façon de verser directement la portion du loyer ne pouvant être payée aux propriétaires, soulève Hans Brouillette. «Ça existe déjà pour le supplément au loyer pour les ménages à faible revenu. Ça pourrait être envisagé», renchérit-il.

Montréal et Québec en quête de solutions

Au comité exécutif, mercredi, la mairesse Valérie Plante a soutenu que la Ville «donnera le ton et prêchera par l’exemple». Montréal repoussera notamment le paiement du loyer de ses locataires corporatifs.

«Nos PME, commerces et OBNL en ont bien besoin», ajoute Mme Plante sur Twitter.

«On est temps de crise. C’est assez difficile comme ça, et on ne veut surtout pas rajouter une pression supplémentaire.» – Valérie Plante, mairesse de Montréal

Dans une déclaration, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, se dit pour sa part «consciente que la situation exceptionnelle peut inquiéter les locataires et les propriétaires».

«Notre gouvernement s’assure de trouver des solutions pragmatiques pour rassurer tout le monde, conclut-elle. Il ne faut pas hésiter à contacter son institution financière afin d’obtenir des conseils.»

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