Soutenez

«L’ASSÉ vivra avec les conséquences de sa décision»

Photo: Samuel Harvey/monscoop@journalmetro.com

Après que l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) eut officiellement annoncé qu’elle ne participera pas au Sommet sur l’enseignement supérieur à la fin du mois de février, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne a indiqué qu’elle devra «vivre avec les conséquences de sa décision.»

«C’est la politique de la chaise vide», a-t-il affirmé lors d’une entrevue à Radio-Canada.

Plus nuancée, la première ministre Pauline Marois, a déploré l’absence de la plus radicale association étudiante. «Ils se privent d’un forum, a-t-elle déclaré. Ils se privent d’un lieu de prise de parole où ils auraient pu faire valoir leur point de vue. C’est dommage, mais c’est leur choix et je le respecte.»

L’ASSÉ a confirmé mercredi qu’elle boycottera le Sommet sur l’éducation postsecondaire. «[Il] ne correspondra pas à la grande réflexion sur l’avenir de nos universités et sur la mission fondamentale du système d’éducation postsecondaire. Il servira plutôt à légitimer des décisions déjà prises derrière des portes closes», a fait savoir le porte-parole de l’ASSÉ, Jérémie Bédard-Wien.

Plus tôt cette semaine, Mme Marois et M. Duchesne ont fait savoir à l’ASSÉ que la gratuité scolaire n’est pas «envisageable» en raison de la précarité des finances publiques. L’association étudiante n’accepte pas cet argument. Elle croit qu’une taxe sur le capital des institutions financières, une réforme de la gestion des universités ou même la création d’un nouveau palier d’imposition pourrait permettre au Québec de rendre les études postsecondaires gratuites.

Trois scénarios ont été présentés aux étudiants: une hausse des droits de scolarité, une modulation selon le programme et un gel combiné à une indexation. Cette dernière option est d’ailleurs privilégiée par le gouvernement.

«Nous ne demandons pas que [la gratuité scolaire] soit établie directement au sommet, mais à moyen terme, elle n’a jamais été considérée, a dit la porte-parole de l’ASSÉ, Blandine Parchemal. Le gouvernement s’est toujours arrêté au coût de la gratuité scolaire sans prendre la peine de considérer quelle conception de l’éducation il y avait derrière cette revendication.»

L’ASSÉ a aussi critiqué le fait que le sommet ne durera qu’une journée et demie, ce qui est insuffisant selon elle pour mener une réflexion en profondeur sur l’éducation postsecondaire.

La députée de Québec Solidaire, Françoise David, a signifié de son côté qu’elle comprenait la décision de l’ASSÉ et qu’elle tenait le gouvernement de Pauline Marois responsable de cette absence.

Une manifestation sera organisée en marge du sommet de l’éducation le 26 février prochain. Pas moins de 15 000 étudiants ont déjà voté en faveur d’une journée de grève pour y participer. L’ASSÉ s’attend à ce que 100 000 étudiants quittent les bancs d’école cette journée-là.

La Fédération étudiante universitaire du Québec n’a pas voulu commenter la sortie de l’ASSÉ. Elle s’est contenté de dire qu’elle sera présente au Sommet sur l’éducation.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.