Montréal
05:00 3 décembre 2020 | mise à jour le: 3 décembre 2020 à 07:09 temps de lecture: 3 minutes

Relancer le secteur du tourisme pour relancer Montréal

Relancer le secteur du tourisme pour relancer Montréal
Photo: Métro/Josie DesmaraisLa ministre du Développement économique, Mélanie Joly

Avec les nouvelles mesures spécifiques au secteur du tourisme annoncées lundi dans la mise à jour économique du gouvernement fédéral, Ottawa veut aider Montréal et ses entreprises à passer à travers la crise pour qu’elles soient solvables au moment de la relance.

«On ne peut pas penser qu’on va relancer l’économie de Montréal, si on ne relance pas le tourisme à Montréal», a affirmé en entrevue avec Métro la ministre du Développement économique, Mélanie Joly.

En effet, le secteur touristique soutient 60 000 personnes à Montréal, affirme Mme Joly.

«C’est à peu près 4 milliards de dépense que les touristes internationaux font normalement à Montréal, dit-elle. Ça a un impact sur nos restaurants, nos hôtels, nos musées, nos galeries d’art et nos commerces de détails.»

Moins de touristes équivaut forcément à moins de dépenses. Il faut donc s’assurer de préserver et de stimuler l’écosystème touristique montréalais.

«Il est évident que le tourisme ne reprendra pas son air d’aller des dernières années de façon imminente et il est aujourd’hui possible d’affirmer que les mesures d’aide arrivent à temps», soulignait président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, en marge du Forum stratégique sur le tourisme.

Mesures d’aide

En effet, les libéraux ont annoncé une panoplie de mesures spécifiques aux entreprises les plus touchées par la crise sanitaire.

Le gouvernement hausse à 75 % le taux maximal du Programme de subvention salariale d’urgence (SSUC) pour les trois prochaines périodes, ou jusqu’au 13 mars 2021. «Ça va faire en sorte que les entreprises vont pouvoir garder leurs employés», pense Mélanie Joly.

Avec la Subvention d’urgence au loyer, les entreprises qui ont perdu 75% de leurs revenus ont accès à une aide supplémentaire. Celle-ci peut payer jusqu’à 90% des frais fixes pour les entreprises situées en zone rouge.

De plus, le gouvernement offre un financement additionnel de 500 M$ aux agences de développement régional. Cela permettra de soutenir financièrement les entreprises locales n’ayant pas accès à d’autres formes de soutien de la part du gouvernement fédéral.

Finalement, le nouveau Programme de crédit pour les secteurs durement touchés aux entreprises de ces secteurs des prêts garantis à des faibles taux d’intérêt.

La CCMM réagit

Dans l’ensemble, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, se dit satisfait des annonces, plus particulièrement du nouveau programme d’aide au loyer.
«Celui-là est très important, dit-il d’emblée. Non seulement, il est plus généreux que le programme précédent, mais il s’adresse directement aux commerçants, qu’ils soient propriétaires ou locataires. Deuxièmement, il inclut des frais fixes beaucoup plus larges.»

Cependant, M. Leblanc craint que les entrepreneurs s’endettent davantage en empruntant au gouvernement. «On dit à tous les gouvernements d’arrêter de proposer des nouvelles façons de s’endetter», déclare-t-il.

Il pense que les commerçants touchés par la pandémie doivent être aidés par d’autres mécanismes que des prêts.

Michel Leblanc se réjouit tout de même de la volonté des gouvernements de reconnaitre des aides sectorielles. «On est satisfaits aussi du fait que les gouvernements reconnaissent les centre-villes comme étant un secteur spécifique», ajoute-t-il.

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