Montréal

Itinérance: le refuge du square Cabot ouvrira mardi soir

square Cabot
Des employés d'une entreprise privée procèdent à l'installation d'un chapiteau dédié aux itinérants au square Cabot, le lundi 1er février 2021. Photo: Zacharie Goudreault/ Métro

La tente chauffée qui doit servir de refuge temporaire au square Cabot, un projet attendu de pied ferme dans le milieu de l’itinérance, n’est toujours pas installée, plus d’une semaine après la date prévue de son ouverture. La Ville de Montréal a toutefois entamé son aménagement lundi, en vue d’une ouverture mardi soir.

Le 21 janvier, le ministre québécois des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a fait part de son intention d’installer dès le lendemain un refuge temporaire au square Cabot, un parc du centre-ville fréquenté notamment par plusieurs Autochtones en situation d’itinérance. Il avait alors indiqué vouloir discuter avec la Ville de l’aménagement de cette installation temporaire, vouée à être en opération pendant au moins quelques semaines.

Des enjeux de planification et de main-d’oeuvre auraient toutefois retardé la concrétisation de ce projet. Dans les derniers jours, l’organisme Résilience Montréal a multiplié les efforts pour tenter de permettre la mise en place d’une tente chauffée sur le site afin d’offrir un endroit où se réfugier la nuit aux sans-abri du secteur.

Une collecte de fonds a notamment permis d’amasser des dizaines de milliers de dollars, tandis que diverses communautés autochtones, dont celle de Kahnawake, ont proposé des ressources matérielles et financières pour aider ce projet à prendre forme.

La Ville approuve le projet

Finalement, vendredi dernier, la Ville a approuvé ce projet. Elle a aussi offert de financer la mise en place de cette tente chauffée pendant deux semaines, a appris Métro. L’installation de celle-ci a commencé lundi matin. 

Cette tente chauffée permettra de rendre hommage à Raphaël André, un Innu de 51 ans retrouvé sans vie dans une toilette chimique du centre-ville, le matin du 17 janvier. Celle-ci pourra accueillir un peu moins d’une vingtaine de personnes dans le besoin, qui auront accès à du café et à de la nourriture sur place.

«La communauté autochtone s’est vraiment unie [derrière ce projet]», se réjouit la cofondatrice de Résilience Montréal, Nakuset, en entrevue à Métro lundi.

Des gardiens de sécurité autochtones surveilleront les lieux, tandis que des intervenants issus de communautés innues offriront du soutien aux personnes dans le besoin.

Le temps presse

Lors du passage de Métro au square Cabot, lundi en début d’après-midi, des travailleurs d’une entreprise privée spécialisée dans les chapiteaux étaient à l’oeuvre afin d’aménager cette tente.

En milieu d’après-midi, la Ville a confirmé, par voie de communiqué, que cette halte-chaleur extérieure sera en opération de 20h à 5h «dès mardi soir».

«Montréal est toujours en action pour soutenir les plus vulnérables et nous demeurons fermement déterminés à agir pour ne laisser personne derrière», fait valoir la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans ce communiqué.

Bien qu’elle salue l’appui de la Ville à ce projet, Nakuset peine à comprendre que celle-ci ait pris plusieurs jours avant de passer à l’action.

«On voulait que ça soit en place vendredi [dernier]. Maintenant, une tempête de neige approche. On a peur que la Ville retarde le projet à cause de la tempête», a-t-elle souligné en référence aux précipitations de neige attendues mardi sur le sud et le centre du Québec.

L’opposition officielle juge quant à elle inacceptable que la Ville ait pris plusieurs jours avant d’approuver ce projet.

«Comment ça se peut que le gouvernement provincial fasse une annonce et que ça prenne dix jours avant d’approuver la mise en place d’une tente?», questionne le porte-parole en matière d’itinérance à Ensemble Montréal, Benoit Langevin.

Au moment d’écrire ces lignes, la Ville n’avait pas répondu aux questions de Métro. Par écrit, le cabinet du ministre Ian Lafrenière a justifié le délai dans la concrétisation de ce projet en mentionnant à Métro qu’il y avait «beaucoup d’autorisations à demander pour une installation comme celle-ci et beaucoup de vérifications à faire, tant au niveau sécuritaire [qu’au niveau] de la santé publique».

«Il a fait très froid cette fin de semaine et il fait encore froid maintenant. Une tempête de neige arrive, donc il faut que cette tente soit mise en place rapidement.» -Nakuset, cofondatrice de Résilience Montréal

Des besoins importants

La semaine dernière, le gouvernement Legault a appliqué une exemption aux itinérants dans l’application du couvre-feu, appliqué de 20h à 5h, à la suite d’une décision de la Cour supérieure.

Malgré ce revirement de situation, la mise en place de cette ressource temporaire demeure nécessaire, estime Nakuset. Actuellement, plusieurs refuges de la métropole sont à pleine capacité. Le temps glacial des derniers jours vient aussi exacerber la demande pour une tente chauffée au square Cabot, souligne-t-elle.

Nakuset espère d’ailleurs que cette tente sera en place pendant plus que deux semaines, comme le prévoit la Ville. Pour les refuges temporaires, la date butoir est généralement le 31 mars.

«Ça ne se peut pas [que la Ville] finance une ressource pour deux semaines alors que ça a pris deux semaines la mettre en place», illustre M. Langevin. Selon l’élu, cette tente devrait demeurer accessible pour une «durée indéterminée».

«Il n’y a aucune ressource qui devrait être retirée quand les besoins sont toujours là», conclut le conseiller municipal.

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