Montréal

Les avocats de Mamadi Camara dénoncent une «enquête mal faite»

Mamadi III Fara Camara
Mamadi III Fara Camara, à l'émission Tout le monde en parle Photo: Capture d'écran

L’arrestation de Mamadi III Fara Camara était bien teintée de profilage racial selon ses avocats, qui ont réagi ce mardi au rapport d’enquête du juge Louis Dionne. Les défenseurs de M. Camara jugent l’enquête «mal faite» et rejettent ses conclusions.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait rendu public vendredi dernier le rapport du juge Louis Dionne sur l’arrestation, la détention et la mise en accusation de Mamadi III Fara Camara en janvier. Accusé à tort d’avoir tiré sur le policier Sanjay Vig, M. Camara avait passé six jours en détention avant d’être libéré après l’abandon des poursuites par le DPCP. 



Dans son rapport, le juge Dionne conclu que l’arrestation de M. Camara et sa mise en accusation sont en règle et que le profilage racial n’était pas en cause dans son arrestation. 

«M. Camara n’a pas fait l’objet ici d’un traitement différencié basé sur son origine ethnique ou la couleur de sa peau», peut-on lire en conclusion du rapport.

Une enquête mal faite

Un constat que rejettent en bloc les avocats de M. Camara, Me Virginie Dufresne-Lemire et Me Alain Arsenault. 

Dans un entretien avec Métro mardi, Me Virginie Dufresne-Lemire souligne avant tout que ce rapport reste administratif et n’équivaut pas à un jugement.

Selon l’avocate, il ressort que de nombreux éléments de l’enquête qui auraient pu disculper M. Camara n’ont pas été pris en compte. Des éléments de preuve disculpatoires, comme des vidéos ou des dépositions de témoins, auraient pu permettre de libérer Mamadi Camara le jour même de son arrestation, et non pas six jours plus tard. 

«C’est assez préoccupant de voir comment l’enquête a été faite ou plutôt mal faite.»

Me Dufresne-Lemire, avocate de Mamadi III Fara Camara

Pour ses avocats, la procureure du DPCP a retenu «l’occasion exclusive», faisant de M. Camara le seul suspect possible dans l’agression du policier Sanjay Vig. Cette théorie ne tient pas, selon Me Virginie Dufresne-Lemire. 

Des policiers du SPVM auraient notamment remis en doute la culpabilité de M. Camara, mais ces doutes n’ont pas été retranscrits dans leurs rapports. Un silence qui appuie la présomption de racisme systémique, selon les avocats. 

Pour Me Dufresne-Lemire, «l’incompétence, la négligence et le racisme systémique apportent un éclairage essentiel» sur l’arrestation et la détention de leur client. 

Si Me Dufresne-Lemire reconnaît au rapport des «observations intéressantes», l’avocate souligne que l’enquête sur l’affaire Mamadi Camara a été faite à huis clos sans processus contradictoire, avec notamment l’absence de contre-interrogatoire. 

Mamadi Camara poursuit actuellement la Ville de Montréal et le procureur général du Québec pour 1,2 M$. Les avocats comptent sur un procès pour faire la lumière sur toute l’affaire.

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