Montréal

«Il faut se poser la question» du profilage racial, selon l’avocat de M. Camara

«Il faut se poser la question» du profilage racial, selon l'avocat de M. Camara
L'avocat Cédric Materne a représenté Mamadi Camara avant que ce dernier ne soit blanchi. Photo: Capture d'écran

En entrevue à Tout le monde en parle, l’avocat ayant représenté Mamadi III Fara Camara a estimé que son client n’a jamais pu bénéficier de la présomption d’innocence dans le cadre de l’enquête ayant mené à des fausses accusations contre lui, tout en n’excluant pas que le profilage racial ait pu jouer un rôle.

Après avoir d’abord accepté d’être interviewé par Guy A. Lepage au grand rendez-vous du dimanche soir, M. Camara a annulé sa présence quelques heures avant la diffusion de l’émission. Son avocat et le chroniqueur Patrick Lagacé, l’ont remplacé pour discuter de son dossier.

«Il faut comprendre que M. Camara est encore extrêmement bouleversé par ce qui s’est passé, a expliqué Me Cédric Materne, l’avocat criminaliste ayant représenté M. Camara avant que celui-ci ne soit blanchi. […] Il a eu extrêmement peur alors qu’il était détenu pendant 6 jours. Il est encore sous le choc et c’était extrêmement traumatisant.»

Profilage racial?

Mamadi III Fara Camara a passé six jours derrière les barreaux après avoir été blanchi des accusations qui pesaient contre lui. Il était soupçonné d’être l’auteur de l’attaque dans laquelle un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été désarmé et blessé.

Ce serait en visionnant une caméra du ministère des Transports que les enquêteurs en seraient venus à la conclusion qu’ils avaient fait erreur sur le suspect. Or, selon M. Materne, plusieurs autres éléments de preuve auraient dû permettre un arrêt des procédures bien avant le 6e jour.

«Quand on a reçu la preuve le mardi, on était une équipe de quatre avocats et en deux ou trois heures, on a su que ça ne fonctionnait pas et que la personne n’était pas M. Camara, a soutenu Me Materne. Il y avait beaucoup d’éléments, qui tendaient à pointer dans une autre direction que celle de M. Camara, qui ne semblent même pas avoir été vérifiés par les policiers.»

Me Materne n’exclut pas que le profilage racial, un problème documenté et reconnu par le SPVM, ait pu jouer un rôle dans le sort réservé à M. Camara.

«Je pense qu’il est trop tôt pour en parler, mais je pense qu’il faut se poser la question.»

Mamadi Camara s’est depuis entouré d’une nouvelle équipe d’avocats pour évaluer ses options.

Présomption d’innocence

Me Materne croit que l’une des principales conclusions que l’on doit tirer de cette affaire est le peu d’importance qu’a joué la présomption d’innocence dans le traitement qu’a subi M. Camara.

«Jusqu’à vendredi dernier où on a mis dans la place publique la vie personnelle de ce monsieur-là avec des informations qui n’étaient pas complètes», a fait valoir l’avocat, qui croit que les médias sont aussi à blâmer dans cette situation.

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