Marche pour la Terre: lutte pour l’environnement sur tous les fronts
Une marée humaine avait déferlé dans les rues de Montréal lors de la grande marche pour la Terre en 2012. Même si apaisement social aidant, les organisateurs ne s’attendent pas à rééditer l’exploit (250 000 marcheurs), les préoccupations environnementales restent toujours aussi vives cette année. États des lieux en quatre temps.
Local. Depuis un an, plusieurs dossiers avancent, tels que ceux du compostage et de la biométhanisation des matières résiduelles, se félicite Coralie Deny, DG du Conseil régional de l’environnement de Montréal. Sur le front des transports, Montréal aura bientôt son train de banlieue vers l’Est et une voie réservée pour autobus en site protégé sur le boulevard Pie-IX. Mais les choix techniques pour le rénovation de l’échangeur Turcot, ou l’absence de mesures fortes pour décourager l’usage de la voiture font dire à Mme Deny que Montréal aura du mal à atteindre son objectif de 30% des réduction des GES d’ici 2020.
National. La fin de la centrale Gentilly 2 et l’arrêt de l’exploitation de l’amiante sont les deux meilleures décisions environnementales qui ont été prises au niveau québécois, note Laure Waridel, porte-parole de la marche avec l’acteur Sébastien Huberdeau. L’écosociologue croit toutefois que le gouvernement québécois se lance sur un terrain glissant en songeant à exploiter le pétrole dans le golfe du Saint-Laurent ou en soutenant l’inversion du flux d’un pipeline qui amènerait plus de pétrole albertain au Québec. «Au niveau fédéral, c’est carrément catastrophique», selon elle. Avec ses projets de Loi C-38 et C-45, le gouvernement conservateur affaiblit la protection des voies navigables, selon les opposants.
International. Cette année, la fonte de l’Arctique a atteint des records, se désole Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada. Le nouveau rapport des experts du GIEC, attendu pour l’automne, ferait état des signaux de réchauffement plus alarmants que prévus initialement, d’après lui. Le point positif : l’opinion publique américaine délaisse les climato-sceptiques selon M. Bonin. «On a vu en février une mobilisation record de 35 000 personnes contre le projet de pipeline Keystone XL. On est aussi pas loin du point de bascule au niveau de la mobilisation mondiale», se félicite t-il.
Personnel. Les Montréalais sont les plus gros utilisateurs de transport en commun en Amérique du Nord et Montréal figure juste derrière Portland pour l’utilisation du vélo au boulot. Néanmoins, ils sont parmi les plus gros utilisateurs d’eau potable au monde et achètent toujours plus d’autos. Ils ont aussi nettement amélioré leur bilan environnemental et récupèrent désormais 40% de leurs déchets. Il reste toutefois encore beaucoup de chemin à faire pour atteindre la cible de 80% en 2015.
La grande marche pour la Terre aura lieu le dimanche 21 avril à 14h à la place des Festivals à Montréal.