Montréal

En croisade pour le droit à l'avortement

La candidate bloquiste Nicole Demers croit qu’un gouvernement conservateur majoritaire n’hésiterait pas à revenir à la charge avec un projet de loi mettant en péril le droit des femmes à l’avortement.

Depuis le printemps, la candidate de la circonscription de Laval mène une campagne de mobilisation auprès des groupes de protection des femmes afin de dénoncer le  projet de loi fédéral C-484, intitulé Loi sur les enfants non encore nés victimes d’actes criminels.

«On ne peut pas prendre la chance qu’un tel projet de loi soit éventuellement adopté. Malgré le début de la campagne électorale, nous continuons la mobilisation afin de contrer le désir de la droite de contrôler l’autonomie des femmes», a-t-elle déclaré hier, lors d’une rencontre avec des groupes de femmes de la région de Montréal.

«En coupant les subventions destinées aux groupes de soutien féminins et en mettant de l’avant des projets de loi tel que le projet C-484, le gouvernement Harper fragilise les femmes», a-t-elle ajouté.

Le projet de loi C-484, adopté en mars 2008, crée une nouvelle infraction criminelle qui punit les personnes qui, s’attaquant à une femme enceinte, blessent ou tuent l’enfant qu’elle porte. Plusieurs critiques y ont vu une ouverture pour la reconnaissance des droits du fÅ“tus.

Le mois dernier, le premier ministre Harper a annoncé qu’il introduirait un nouveau un projet de loi qui ne laisserait «aucune place à l’introduction de droits pour le foetus.»

La candidate bloquiste Viviane Barbot refuse de croire Stephen Harper. «Les promesses formulées par M. Harper avant le déclenchement des élections ne tiennent plus, a-t-elle tranché. Si son parti remporte les élections, il reviendra en force avec son projet de loi.»

Inquiétudes partagées
Les groupes communautaires présents lors de la rencontre ont également fait part de leurs inquiétudes face à l’adoption potentielle du projet de loi C-484.

«Le droit à l’avortement n’a jamais été aussi menacé qu’au cours des trois dernières années, a fait valoir Marie-Ève Quirion de la Fédération québécoise de planning des naissances. La menace est réelle et concrète; c’est pourquoi le mouvement des groupes de protection des femmes dit "non" à de telles mesures législatives.»

Mme Demers remettra à M. Harper les résolutions des groupes de femmes, qu’elle a récoltées au cours de sa tournée, avant la fin de la campagne électorale.

Au moment de mettre sous presse, Métro n’avait pas obtenu de réaction du Parti conservateur.

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