Louise Harel tire sa révérence
Députée d’Hochelaga-Maisonneuve depuis un peu plus de 27 ans, Louise Harel a annoncé hier qu’elle ne solliciterait pas un huitième mandat.
«Il y a un adage qui dit que c’est plus difficile de quitter la politique que d’arriver en politique. Je peux vous dire aujourd’hui que c’est vrai», a déclaré avec émotion la députée péquiste âgée de 62 ans.
Se disant convaincue de prendre une «sage décision», Mme Harel a dit partir l’esprit tranquille.
«Je ne me serais jamais autorisée à quitter si j’avais cru le Parti québécois menacé, a-t-elle indiqué. Mais je sais que le parti est entre bonnes mains avec Pauline Marois.»
Élue le 13 avril 1981, sous les conseils de René Lévesque, Louise Harel a été à la tête de six ministères, dont ceux de l’Emploi et des Affaires municipales, au cours de ses sept mandats consécutifs.
«J’ai eu une vie bien remplie, a souligné Mme Harel, qui aura marqué l’histoire politique québécoise en devenant la première femme élue à la présidence de l’Assemblée nationale. J’ai piloté des réformes dont je suis très fière, comme la Loi sur l’équité salariale, la création d’Emploi-Québec et la réorganisation municipale. Mais j’ai aussi quelques regrets.»
Le morcellement de la ville de Montréal à la suite de la défusion de quelques villes, principalement dans l’ouest de l’île, demeure une des grandes déceptions de Louise Harel. «Ça me reste encore dans le travers de la gorge», a-t-elle dit.
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Louise Harel, avocate de formation et souverainiste convaincue, ne s’est pas trop avancée sur les projets qui l’attendent au terme de sa carrière politique.
«Je vais prendre du temps pour moi, a-t-elle d’abord expliqué. La politique est un métier exigeant, très accaparant, que je n’ai jamais fait à moitié. Mais je sens qu’après cette pause, je vais avoir plusieurs projets.»
Ne souhaitant pas devenir le «beau-père» du Québec, une référence aux anciens premiers ministres Jacques Parizeau et Bernard Landry, qualifiés de «belles-mères» du Québec à la suite de déclarations controversées, Louise Harel entend tout de même continuer de militer pour la souveraineté.
«Tant qu’elle ne sera pas faite, la souveraineté sera à faire, a-t-elle laissé tomber. Je ne serai peut-être plus à l’Assemblée nationale, mais la voix porte ailleurs!»
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a d’ailleurs salué l’engagement de Louise Harel envers l’indépendance du Québec.
«Le Parti québécois lui est grandement redevable, a-t-elle déclaré par voie de communiqué. Militante de la première heure, elle a toujours eu cette constance légendaire et elle a défendu ses idéaux avec ardeur et conviction.»