Montréal

Valérie Dubuc : Jeune herboriste… en herbe!

Les proches de Valérie Dubuc croyaient bien qu’elle se lancerait dans une carrière de musicienne.

Inscrite en concentration musique à l’école François-Joseph Perreault, la jeune contrebassiste n’était certes pas dépourvue de talent, alternant les con­cours et les spectacles. Mais l’esprit de compétition et de performance ne lui convenant pas, elle s’est plutôt orientée vers un domaine encore considéré underground, mais dans lequel elle voit un moyen de faire une différence, à sa façon.

C’est en travaillant dans un magasin d’aliments naturels que Valérie Dubuc a trouvé un dépliant de l’école Flora Medicina, une école d’herboristerie. «J’ai lu le dépliant et j’ai eu un flash, affirme la jeune fille de 19 ans. L’école paraissait complète, enseignant aussi bien les vertus médicinales des plantes que le côté humain, la thérapie.»

Elle a donc voulu en savoir davantage sur l’herboristerie et s’est trouvé un stage pour l’été 2007 à l’herboristerie Viv-Herbes, dans le Bas Saint-Laurent. «J’avais une nouvelle passion et je voulais en apprendre le plus possible sur les plantes», raconte-t-elle.

Son séjour à Viv-Herbes n’a que confirmé son intérêt pour le domaine. L’apprentie herboriste parle avec enthousiasme de son travail là-bas.

«Au printemps, on prépare la terre et on étend le compost. Ensuite vient la période des plantations et de leur entretien. En juillet et en août, c’est le temps de cueillir les fleurs. C’est une belle récompense, après tout ce travail, de passer ses journées au soleil à ramasser des fleurs! Et durant les journées de pluie, on transforme notre récolte.»

Valérie Dubuc était donc prête et motivée lorsqu’elle est arrivée à Flora Medicina à l’automne 2007 pour entamer une formation de quatre ans en herboristerie. Ayant maintenant complété un an d’étude, elle est plus convaincue que jamais d’avoir choisi le métier qui lui convient.

La place de la médecine alternative
L’herboristerie est une médecine alternative qui n’est pas encore très reconnue ici. «Ça prend de plus en plus de place, tranquillement, mais ça reste un domaine un peu weirdo, avoue-t-elle. Et mon école n’est pas très connue non plus… Je me suis battue pour avoir droit au tarif réduit étudiant de la STM! [rires]»

L’herboristerie axe ses interventions sur la prévention, en se servant des plantes comme principal outil. «À 40 ans, il faut commencer à prévoir qu’on va finir par devenir vieux! ironise l’apprentie herboriste. Il faut prévenir les problèmes avant d’arriver au bout du rouleau.»

Un herboriste étudie les habitudes alimentaires et le mode de vie d’une personne, pour ensuite lui recommander un plan de match. Il peut par exemple lui suggérer de cesser de manger certaines choses et lui prescrire une plante ou une mixture à utiliser.

Mais étant donné les maladies d’aujourd’hui, tels le cancer et le sida, Valérie ne croit pas que les médecines alternatives comme l’herboristerie peuvent complètement remplacer la médecine traditionnelle.

«Je trouve que c’est une belle alternative et un outil de plus pour notre système de santé qui est débordé.»

Valérie Dubuc souhaite bien que les spécialistes des médecines traditionnelle et alternative travaillent un jour main dans la main pour mettre leur expertise à profit, ce qui n’est pas le cas présentement.

Et un grand projet germe tranquillement dans la tête de Valérie Dubuc, qui rêve d’ouvrir, une fois ses études terminées, un centre de santé complet où plusieurs médecines travailleraient ensemble et où de grands jardins seraient accessibles à tous.

Articles récents du même sujet