Montréal

Un manque de logements pour les familles à Montréal

Les grands logements sont en demande à Montréal. Selon une enquête de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), rendue publique hier, le taux d’inoccupation des logements de trois chambres et plus à Montréal est de 1,7 %. «C’est un marché très ser­ré», a commenté l’analyste de la SCHL Bertrand Recher.

Le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, y voit plutôt une pénurie de logements pour les familles. «Il y a beau y avoir des studios libres, ça ne s’adresse pas aux familles», a-t-il réagi hier. Ces grands logements de trois chambres et plus sont principalement occupés par des familles, mais aussi par des jeunes travailleurs qui les habitent en colocation, in­dique l’enquête de la SCHL.

Or, plus le loyer de ces logements est bas, plus l’offre est limitée, a fait remarquer M. Saillant. Si un grand logement coûte plus de 900 $, le taux d’inoccupation est de 2,1 %. Il chute à 1 % lorsque le loyer se situe entre 500 $ et 699 $. Ce manque de grands logements témoigne du désintérêt du secteur privé pour la construction d’habitations destinées aux familles. Pour le coordonnateur du FRAPRU, le gouvernement doit s’en mêler. «Il faut qu’il vienne en aide à ces familles en construisant des logements coopératifs, sans but lucratif et à loyer modique», a-t-il dit.

Taux d’inoccupation de 2,5 %
L’enquête de la SCHL indique également que le taux d’inoccupation à Montréal pour l’ensemble des logements locatifs a gagné un dixième de point en l’espace d’un an pour atteindre 2,5 % en 2009. «On avance plus vers l’équilibre que vers une situation de marché particulièrement serrée», a mentionné Bertrand Recher.

Quant au loyer moyen dans la métropole, il a été majoré de 1,5 % au cours de la dernière année pour s’établir à 650 $. Cette nouvelle hausse fait en sorte que les loyers ont augmenté de 31,4 % depuis 2000 dans la métropole, d’a­près le FRAPRU. La Corpo-ra­tion des propriétaires immobiliers du Québec considère pour sa part que les loyers montréalais sont «toujours les plus bas au pays» et qu’ils ne suffisent pas à entretenir le parc immobilier du Québec.

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