Montréal

Bientôt des auditions pour jouer dans le métro?

Faudra-t-il bientôt passer des auditions pour jouer dans le métro? C’est tout à fait possible, selon Pierre Deslauriers, qui pilote le Regroupement des musiciens du métro (Musi-Métro) qui vient d’être reformé. «On veut y améliorer la qualité de la musique, mais sans faire de discrimination», explique ce pianiste compositeur qui joue dans le métro depuis 14 ans. À terme, le Regroupement aimerait aussi organiser un festival annuel des musiciens du métro et même piloter la création d’un studio d’enregistrement. Mais rien n’est acquis.

Si la STM se déclare «prête à travailler avec les musiciens», elle ne veut pas régler à la SOCAN les droits d’auteur pour les chansons jouées par les artistes du métro, comme à Vancouver ou Toronto. Cela représenterait une somme de plusieurs dizaines de milliers de dollars par an. «La STM n’a pas de lien contractuel avec les musiciens et ne peut pas se permettre d’en avoir», répond Marianne Rouette, porte-parole de la STM.

Parmi les autres dossiers en vue, il y a le fait d’essayer de regagner les emplacements perdus. Si, à la suite de la décision judiciaire de 1983, la STM avait dû créer environ 70 places pour accueillir les musiciens dans le métro, il n’en resterait aujourd’hui que 49.

Les clichés
Sur les 150 musiciens réguliers du métro, il y a des gens qui font surtout la manche, bien sûr, mais aussi beaucoup de vrais musiciens qui ont des contrats en dehors et qui peinent à joindre les deux bouts, précise Pierre Deslauriers.

Chris, technicien à Radio-Canada y gratte sa guitare pour se «déniaiser» face au public. Laurent, pour sa part, attend avec impatience son contrat de deux mois dans des hôtels de Beyrouth, au Liban. Le plus pittoresque? Sergei, 84 ans, un ancien violoncelliste de l’Orchestre symphonique de Moscou qui harangue en russe les usagers de la station Crémazie trop lents à sortir le porte-monnaie.

La course aux lyres
Pour gagner le droit de jouer dans le métro, il faut se lever tôt. «Parfois à l’ouverture de la station à 5 h 30, il y a déjà trois ou quatre musiciens qui attendent de mettre leur nom sur le bout de papier qui détermine l’heure de passage de chacun», explique Philippe, armé de son violoncelle.

Un exemple de musique dans le métro qui sort de l’ordinaire… et qui n’est pas recommandé pour les musiciens qui veulent éviter les problèmes:

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