Les stationnements gratuits et les allocations automobiles montrés du doigt
Près de 12 000 des 29 000 employés de la Ville de Montréal n’habitent pas sur l’île, selon les chiffres obtenus par Projet Montréal à la suite d’une demande d’accès à l’information. Richard Bergeron, le chef de la deuxième opposition, a déploré que «les employés de la Ville, ceux qui devraient promouvoir la vie en ville, habitent eux-mêmes en banlieue».
Il a pointé du doigt les «politiques cachées» de l’administration Tremblay pour expliquer pourquoi 49 % des employés des services centraux, 78 % des policiers, 79 % des pompiers et 32 % des employés des arrondissements ont déserté la métropole. «Des études ont montré un lien très étroit entre le choix d’un lieu de résidence et la disponibilité d’un stationnement dans le lieu de travail, a indiqué hier le chef de la deuxième opposition à l’hôtel de ville. En offrant, dans les contrats des employés de la Ville, des stationnements gratuits et des allocations automobiles, l’administration les encourage à vivre à l’extérieur de l’île de Montréal.»
Factures impressionnantes
Selon les estimations de Projet Montréal, environ un employé municipal sur huit aurait droit à un stationnement payé par la Ville et à une allocation automobile. Le coût de ces avantages, offerts tant aux élus qu’aux fonctionnaires, s’élèverait à près de 35 M$ par année.
Projet Montréal a fait valoir qu’avec 25 M$, la Ville pourrait offrir à tous ses employés un titre de transport collectif si elle acceptait d’éliminer les allocations automobiles, les stationnements gratuits et les voitures de fonction. Le chef de Projet Montréal a cependant admis qu’une telle politique ne pourrait s’appliquer qu’à environ 80 % des employés. Les horaires atypiques des policiers et des pompiers, par exemple, rendraient l’utilisation du transport en commun difficile dans plusieurs cas.