Une politique sur l'itinérance réclamée
Quelque 350 personnes, issues d’organismes Å“uvrant auprès des itinérants, des milieux policiers, des administrations municipales et de certains ministères provinciaux, se sont rassemblées jeudi à Montréal afin de faire le point sur la situation de l’itinérance et rappeler au gouvernement du Québec la nécessité d’une politique globale. Les deuxièmes États généraux sur l’itinérance surviennent cinq ans après la tenue des premiers, alors que le nombre de personnes qui se retrouvent à la rue ne cesse d’augmenter.
«Le gouvernement a annoncé, en 2009, un plan d’action interministériel qui contient plusieurs mesures intéressantes, a rappelé le vice-président du Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ), Pierre Gaudreau. Mais ça prend beaucoup plus que ça.» L’ancienne ministre déléguée aux Services sociaux, Lise Thériault, s’était montrée ouverte à l’application d’une politique globale, mais avait jugé que la mise sur pied d’un plan d’action était plus urgente. Une nouvelle ministre, Dominique Vien, a depuis pris la relève sans que le projet de politique globale ne progresse.
«On a besoin de plus d’actions, a résumé M. Gaudreau. Il y a une plus grande écoute depuis cinq ans, mais il manque des réponses à nos demandes. C’est pour ça qu’on a senti le besoin de redemander une politique gouvernementale.» Au ministère des Services sociaux, on explique qu’une telle politique ne sera mise en application que si le plan d’action 2010-2013 échoue.
«Le succès du plan d’action sera évalué en 2012, a indiqué l’attachée de presse de la ministre Vien, Louise Quintin. Si le plan d’action ne fonctionne pas, une politique globale pourrait être mise en place.»
La Ville va de l’avant
La Ville de Montréal présentera la semaine prochaine son plan d’action en itinérance. L’administration du maire Gérald Tremblay n’a pas souhaité préciser le contenu de ce plan, mais le vice-président du RSIQ, Pierre Gaudreau, en a dévoilé quelques éléments. «Le plan inclut des mesures intéressantes pour les maisons de chambres, du soutien aux organismes et du logement, a-t-il dit. Il y a un effort de la part de la Ville qui, sans être parfait, est important. C’est maintenant aux gouvernements québécois et canadien d’en faire davantage.»