Le transport intelligent passera par le leadership politique
Les systèmes de transport intelligents (STI) commencent à faire leur place au Québec. Leur implantation est cependant ralentie par les limites de la technologie, les coûts qu’elle implique et surtout le manque de leadership des élus. Le symposium Des collectivités durables plus intelligentes – Cap sur l’innovation, organisé mercredi par la Fondation David Suzuki, s’est penché sur les possibilités qu’offraient les STI. Les obstacles à la mise en place de ces systèmes ont également retenu l’attention.
Car bien que les STI promettent d’offrir aux usagers du transport en commun et du réseau routier de l’information en temps réel susceptible de rendre leurs parcours plus faciles ou d’aider les compagnies de transport à réduire leurs coûts, leur développement demandera encore beaucoup de travail. «Nous devons régler trois problèmes, a expliqué Florence Junca-Adenot, professeure associée au département d’Études urbaines et touristiques de l’UQAM. Sauf lorsqu’il s’agit de services aux usagers, il arrive souvent que les STI provoquent de la résistance.
L’implantation d’un système de photoradars en est un exemple. Il faut donc avoir un grand leadership pour tenir bon et implanter les systèmes malgré tout. La technologie est un autre problème. Il faut avoir des objectifs clairs et des indicateurs pour mesurer les avancées. Il faut ensuite s’assurer de bien intégrer les différents systèmes. Enfin, il faut bien expliquer l’intérêt des STI. La communication est très importante.»
L’application Synchro, de la Société de transport de Laval (STL), fait partie des projets STI récompensés par l’Association québécoise du transport et des routes (AQTR). Ce programme permet notamment aux usagers de connaître les heures de passage des différents autobus et à la STL de connaître l’achalandage sur ses circuits et ainsi d’ajuster plus rapidement son offre. «Synchro devrait permettre une meilleure rétention des usagers de la STL, a estimé Sharon Clavet, de l’AQTR. Le transfert modal devient plus intéressant puisque les gens qui délaissent leur voiture au profit du transport en commun ont droit à une plus value.»
La Société de transport de Montréal (STM) ira également de l’avant avec un système d’information en temps réel dans ses autobus d’ici quelques années. L’installation des GPS dans les véhicules devrait coûter quelque 100 000 $ par autobus. Daniel Collins, chef d’équipe Solutions de transport intelligent chez IBM, a rappelé à cet effet qu’il ne fallait pas s’arrêter qu’aux coûts des STI, mais aussi considérer leurs avantages aux niveaux de la qualité du service et de la qualité de vie des usagers.