Les inspecteurs de la CCQ défendent jeudi leur liberté d'association
Les 300 inspecteurs de la Commission de la construction du Québec (CCQ) défendront aujourd’hui leur liberté d’association devant la commission parlementaire des institutions qui étudie présentement le projet de loi 15 concernant la lutte contre la corruption.
«[Ce projet de loi] remet en cause la liberté d’association qui est un droit fondamental défendu par la Charte des droits et libertés», a déploré le directeur exécutif du Syndicat des employés professionnels et de bureau, Serge Cadieux.
Déposé au début du mois par le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, le projet de loi prévoit la création d’une unité permanente anticorruption qui emploiera trois inspecteurs de la CCQ. Il comprend aussi une disposition qui empêchera les inspecteurs de la CCQ de s’associer aux grandes centrales syndicales défendant les intérêts des travailleurs de la construction.
«On pense que le gouvernement est utilisé par la PDG de la CCQ, Diane Lemieux, et qu’il n’a pas mesuré l’ampleur de ce projet de loi», a dit M. Cadieux. Il a précisé qu’aucun employé de la CCQ n’a fait l’objet d’accusation de corruption. «Ce projet de loi est de la poudre aux yeux, a-t-il ajouté. C’est pour empêcher la tenue d’une enquête publique, comme on le réclame.»
Le Parti québécois et Québec solidaire, de même que les centrales syndicales, s’opposent à la disposition du projet de loi encadrant la liberté d’association. La CCQ a insisté sur le fait que le projet de loi 15 vient du gouvernement et non de la CCQ. Il ne constitue en aucun cas une commande de Mme Lemieux, a dit le porte-parole de la CCQ, Louis-Pascal Cyr. «Le gouvernement veut s’assurer de l’indépendance des inspecteurs avec son projet de loi», a-t-il expliqué.
Les syndiqués de la CCQ, qui sont affiliés à la Fédération des travailleurs du Québec, sont prêts à saisir les tribunaux afin que leurs droits soient maintenus. Dès la semaine prochaine, ils prévoient refuser de travailler des heures supplémentaires si rien ne bouge d’ici là. Ils ont également accordé à leur syndicat un mandat de grève illimité qui sera utilisé à un moment jugé opportun.
Les inspecteurs de la CCQ sont responsables de vérifier les cartes de compétence des travailleurs de la construction et de s’assurer que ces derniers sont rémunérés selon leur convention collective. S’ils déclenchent une grève, il pourrait y avoir une recrudescence du travail au noir dans le milieu de la construction, selon le syndicat.