Peu de Montréalaises ont un emploi «masculin»
À l’instar de leurs consœurs canadiennes, les Montréalaises continuent de se diriger vers des professions typiquement féminines. Afin d’inverser la tendance, un nouveau regroupement voit le jour.
En 2011, les professions les plus courantes pour les Canadiennes étaient adjointe administrative, infirmière, caissière et enseignante. «Les femmes ignorent souvent toutes les possibilités d’emploi qui s’offrent à elles», explique Judith Larivière, agente de la nouvelle Concertation montréalaise femmes et emplois majoritairement masculins (CMFEMM).
La Concertation compte ainsi réunir diverses organisations sensibles au sujet, pour mieux informer et diriger les Montréalaises vers de nouvelles avenues. «L’accès des femmes à ces corps de métier ne peut se faire qu’en incluant tous les acteurs, de la famille aux enseignants, et de la petite école à l’université, en passant par les politiciens et les employeurs», affirme Mme Larivière. Cette dernière ajoute que la création d’une telle concertation faisait partie des recommandations du rapport 2011 du Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT).
Dans le rapport, il est notamment mentionné que Montréal est la ville où l’on observe la plus grande proportion de femmes (22,8 %) vivant sous le seuil de faible revenu au Québec. On y apprend aussi que les métiers traditionnellement masculins (comme l’armée, la construction ou encore le secteur de l’énergie) ont encore de meilleures conditions de travail et des salaires plus intéressants.
«Trop de milieux désignent comme critère d’embauche la force physique, alors que les technologies sont assez développées pour que les femmes fassent aussi bien le même travail», soutient Mme Larivière.
Alors qu’un grand pan de la société se prépare à partir à la retraite, Mme Larivière croit que «nous traversons une période idéale pour rééquilibrer le monde du travail» et «combler le fossé social et économique entre les deux sexes».
La Concertation étant à ses premiers balbutiements, la liste des groupes participants est appelée à s’allonger. «Nous aimerions avoir l’appuie de la Chambre de commerce, ainsi que de la Grappe TechnoMontréal», lance Mme Larivière, rappelant que ce dernier groupe représente plus de 120 000 emplois dans l’industrie des technologies de l’information.
[pullquote]