Le milieu des affaires se dit «craintif» face au projet de tramway
La Chambre de commerce de Montréal a appuyé les représentants de l’industrie immobilière qui ont admis craindre que le projet de tramway de Richard Bergeron entraîne une charge fiscale trop lourde sur la Ville.
«Si demain matin Québec ou Ottawa annonçaient de nouveaux programmes pour supporter le développement du transport collectif, on applaudirait le projet de M. Bergeron, mais nous n’en sommes pas là», a déclaré mardi Martin Galarneau, membre du conseil d’administration de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU). Ce dernier a émis ces propos quelques minutes après que le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, ait prononcé une allocution devant les membres de l’IDU.
Joint au téléphone par la suite, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a affirmé qu’il partageait les mêmes craintes que l’IDU. Il s’est dit «préoccupé» par la suggestion de M. Bergeron de puiser à même les fonds de la Ville pour financer le projet de tramway.
Plus précisément, l’objectif du candidat à la mairie est de déployer un budget de 1G$ sur 10 ans pour construire les premiers «10 à 15 km» du réseau. Lors de son discours, M. Bergeron a expliqué que la métropole est capable d’absorber ces coûts. «Durant dix ans, nous nous sommes fait voler 100M$ chaque année. Maintenant qu’on ne se fait plus voler, on va pouvoir utiliser cet argent pour développer le tramway», a-t-il soutenu.
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«La Ville ne peut pas s’autofinancer, la pression sur ses finances serait énorme», a rétorqué M. Leblanc. Ce dernier a rappelé que l’ex-maire Gérald Tremblay avait mandaté la chambre de commerce pour piloter une étude de faisabilité sur la financement du tramway. «Notre conclusion était simple : ça coûte cher au point qu’il faut absolument des contributions des gouvernements supérieurs», a-t-il dit.
M. Leblanc a ajouté que son organisation croit qu’il faut prioriser, pour les quatre prochaines années, l’entretien de tout le réseau de transport «afin qu’il fonctionne pour vrai», ainsi que le développement des projets déjà annoncés, comme le train de l’Est, le service rapide par bus sur Pie-IX et le prolongement de la ligne bleue du métro. «Le projet de tramway, même s’il a un superbe potentiel, doit attendre», a-t-il conclu.
Secteur commercial: Masson et Mont-Royal dans le top 3
Lors de son allocution devant les acteurs du secteur immobilier, mardi, le chef de Projet Montréal a révélé des chiffres sur le taux d’inoccupation des artères commerciales. Richard Bergeron s’est dit fier que la rue Masson affiche le plus bas taux de locaux vacants, à 6,5%, et l’avenue Mont-Royal le troisième meilleur, avec 9,8%. «Ces deux rues sont sous l’administration de mon parti», a-t-il rappelé, cela prouve selon lui que développement urbain et commercial peuvent aller de pair. La rue Fleury est en deuxième position avec 8,5%.