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Laurent Blanchard, le citoyen

Photo: Yves Provencher/Métro

Il ne reste plus que quelques antiquités dans le bureau du maire de Montréal, à l’hôtel de ville. Laurent Blanchard a déjà emballé plusieurs de ses objets anciens qu’il collectionne et qu’il expose avec fierté. Celui qui est devenu inopinément premier magistrat de la métropole à la suite de l’arrestation de Michael Applebaum se prépare maintenant à passer flambeau à son successeur, Denis Coderre.

«S’il se passe quelque chose, légalement parlant, je suis maire jusqu’à jeudi, 15h30», avise le maire sortant, qui a discuté avec Métro, avant de tirer sa révérence.

Depuis l’élection de Denis Coderre, la boîte de courriels de Laurent Blanchard se remplit moins rapidement. Le courrier du maire est transmis de plus en plus au premier magistrat fraîchement élu. Les piles de dossiers sont peu élevées sur le bureau de M. Blanchard.

Les deux maires se sont rencontrés dès le lendemain de l’élection pour discuter des dossiers chauds et depuis, leurs échanges sont ponctuels. «Si [Denis Coderre] a besoin de détails, il peut m’appeler, dit M. Blanchard. Il y a une collaboration entre nous. Je ne m’étais pas annoncé comme un candidat à la mairie alors je ne suis pas un ennemi.»

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Laurent Blanchard s’est permis un conseil à son successeur, celui de rester zen, c’est-à-dire, «de regarder ce qui existe déjà dans la structure montréalaise avant de la bouleverser».

Sans commenter la promesse de Denis Coderre sur la création d’un inspecteur général, M. Blanchard se pose des questions sur la possibilité de doublon avec le contrôleur général, le vérificateur général et l’Escouade de protection de l’intégrité municipale (EPIM).

«On a reproché à la Ville d’avoir 10 directeurs généraux en 11 ans, ajoute-t-il. Est-ce que [M. Coderre] en veut un onzième? Ou s’il veut faire avec ce qui existe déjà? Je pense que Robert Lamontagne [NDRL: l’actuel directeur général] est un gars extrêmement compétent qui fait très bien le travail. S’il veut bouleverser de nouveau la Ville, ça lui appartient.»

Comme tous les candidats à la mairie, Denis Coderre a promis de ne pas augmenter le compte de taxes des Montréalais plus que le taux d’inflation. Ce ne sera pas une mince tâche, croit Laurent Blanchard. «Si on ne dépasse pas l’inflation, compte tenu des nouveaux services qu’on a à dispenser, on a un trou financier qu’on évaluait cet été à 80 à 100M$, rapporte-t-il. Est-ce qu’on va aller le chercher en coupant les services?»

Laurent Blanchard souhaite que M. Coderre conserve le principe de l’administration de coalition qui a dirigé la Ville au cours de la dernière année, c’est-à-dire, l’esprit de collaboration plutôt que l’attitude belliqueuse. «Quand on réussi à faire s’accorder un Michel Bissonnet et une Émilie Thuillier, on fait pas mal le tour du spectre politique», dit-il. Cette façon de faire a permis, selon M. Blanchard, de régler bien des dossiers en amont.

Dans deux jours, l’ancien conseiller d’Hochelaga quittera l’hôtel de ville «à son corps défendant». «J’aurai pris un dernier mandat, mais les électeurs ont décidé de me permettre de me retirer en plein gloire», lance-t-il, sans amertume. Il confie avoir adoré faire de la politique municipale. À partir de jeudi, il s’imposera un devoir de réserve. Pas question de devenir une belle-mère. Il retournera dans son quartier d’Hochelaga, où plusieurs organismes l’ont déjà sollicité pour siéger sur leur conseil d’administration. Il veut aussi prendre le temps de classer ses antiquités qu’il a dû rapatrier de l’hôtel de ville.

Une déception?
«BIXI est dans une situation financière que je dirais préoccupante. Normalement, on aurait espéré vendre les intérêts étrangers de BIXI cet été. Pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, la transaction a avorté. Vu qu’on était en processus de vente, il y a probablement eu à l’interne un peu de laisser-aller. Et New York commande 15 000 nouveaux vélos, mais il ne veut pas payer les 10 000 qu’il a déjà à cause de fonctionnalités dans le système électronique qui ne sont pas prêtes. New York demandait des fonctionnalités supplémentaires par rapport à Montréal. Ce sont des problèmes d’entreprises en développement.»

Une fierté?
«D’avoir réalisé ce que j’avais promis. La stabilité, la tranquillité, l’intégrité, la transparence.»

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