Nouveau site internet pour les victimes de violence conjugale
Des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont lancé, mercredi, le site internet interactif Vivre la violence conjugale pour sensibiliser la population à cette réalité.
Ce nouveau portail renferme une centaine de témoignages de femmes, mais aussi d’enfants, de policiers, d’avocats, d’infirmières et d’intervenants sur la violence conjugale.
«C’est une réalité qui dépasse souvent ce qu’on peut imaginer et qui dépasse même parfois la fiction, a dit la présidente du Regroupement des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, Nathalie Villeneuve. Des fois, on se dit qu’on a entendu le pire. Malheureusement, on se surprend encore à être surpris par les histoires que les femmes vivent.»
De peur d’être reconnues par leur bourreau, des victimes se sont volontairement autocensurées dans leur témoignage.
Le groupe de maisons d’hébergement invite les victimes qui sont toujours dans l’ombre à aussi raconter leur histoire.
«Le but du site est de permettre à la population de mieux saisir ce que vivent ces femmes victimes et de constater les traces que laisse la violence conjugale», a mentionné Mme Villeneuve. Elle s’attend d’ailleurs qu’avec le lancement du site, de nombreuses femmes fassent des démarches dans les prochains jours pour se sortir du cycle de violence dans lequel elles sont prises.
Extraits de témoignage
- «Il m’a déjà fait coucher dans la remise, sous prétexte qu’il n’était plus capable de voir ma crisse de face laide. Je me sentais comme un déchet de société.»
- «Un coup de poing fait mal, mais les paroles restent longtemps dans la tête et nous font perdre confiance en nous.»
- «Le plus triste pour moi, c’est de penser que ma famille ne croit pas ce que j’ai vécu avec lui. Il m’a coupé de la société et de ma famille. Il allait voir des voyantes pour se faire dire si j’étais une bonne personne ou une méchante.»
- «J’étais devenue une proie, prisonnière de mon corps et de mes émotions. Je survivais, j’avais peur de lui. J’étais manipulée, violentée physiquement, psychologiquement, matériellement et financièrement.»
- «Je me rappelle de la toute première fois où j’ai accueilli une femme victime de violence physique. Il l’avait frappée tellement fort qu’elle en avait des ecchymoses sur les reins. Elle avait dû être hospitalisée tellement ses blessures étaient sérieuses. Ses yeux remplis de détresse et d’inquiétude, je ne les ai jamais oubliés.»