Stratégie en trois axes contre l’agrile du frêne
Montréal conviera bientôt les différents maires de l’Île à un grand sommet sur l’agrile du frêne qui menace les 200 000 frênes de la métropole. Voici quelques éléments de la stratégie qui seront sûrement au menu.
La stratégie SLAM. Un acronyme américain qui pourrait se traduire par Réduire la mortalité des frênes. Grâce à une détection rapide des sites infestés et un traitement au biopesticide, il s’agit de donner quelques années supplémentaires aux frênes pour que la recherche avance et pour prévoir leur remplacement graduel sur une vingtaine d’années. Toronto ou Ottawa, qui ont perdu la bataille, voient leurs arbres dépérir à vue d’œil. Après l’abattage, certaines rues se retrouvent du jour au lendemain sans arbres, occasionnant une baisse de la valeur des propriétés de 1% à 3%. L’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie compte ainsi 35% de frênes.
Durcir la réglementation. Pour être efficace, la lutte à l’agrile passe par des actions concertées. Or, certains arrondissements et villes défusionnées tardent à réagir, de même que les citoyens, dont la plupart ne sauraient même pas reconnaître un frêne sur leur terrain. «Avec la réglementation actuelle, la Ville ne peut pas dépister les frênes sur des terrains privés ou forcer leur abattage s’ils sont infestés», note Sylvain Ouellet, élu de Projet Montréal. Abattre un frêne mature peut coûter jusqu’à 3000$. Projet Montréal croit que Denis Coderre devra dégager 10M$ dans son prochain budget pour accentuer la lutte à l’agrile. Réal Ménard, l’élu responsable du dossier, clame que le dossier (et la facture) devraient être une compétence d’agglomération.
Valoriser. Remplacer les milliers de frênes qui tomberont au combat dans les prochaines années coûtera plusieurs centaines de millions de dollars. Montréal compte 200 000 frênes publics. L’abattage, la plantation de remplacement et l’entretien coûtent quelques milliers de dollars par arbre. Actuellement, les frênes abattus sont déchiquetés sur place en copeaux pour tuer les insectes et leurs larves. Le paillis sert ensuite aux activités horticoles. À Toronto, qui devra couper 900 000 de ses frênes, on étudie la possibilité de se servir de cette ressource pour créer une filière industrielle capable par exemple de créer du plancher ou du mobilier urbain. Et faire rentrer quelques sous pour continuer l’abattage!