Québec veut revoir l’intervention des policiers auprès des sans-abri
La politique québécoise en itinérance, qui sera présentée par le gouvernement Marois dans les prochaines semaines, contiendra un axe visant à encadrer et repenser l’intervention des policiers auprès des sans-abri.
C’est ce qu’a déclaré le député péquiste Daniel Breton, mardi, alors qu’il participait aux célébrations entourant le 20e anniversaire du journal de rue l’Itinéraire. Au lendemain de la mort d’un sans-abri tombé sous les balles d’un policier, M. Breton a affirmé que «les corps policiers et le gouvernement réalisent qu’il reste beaucoup de travail à faire pour former les intervenants de première ligne à composer avec les problèmes de santé mentale qui affectent un grand nombre de sans-abri».
Le député de Sainte-Marie a affirmé s’être entretenu le matin même avec la ministre des Services sociaux, Véronique Hivon, qui se dit préoccupée par les relations parfois difficiles entre le corps policier et les gens de la rue. «Mme Hivon m’a confirmé que la politique de l’itinérance sera déposée au courant du mois de février, et qu’un volet sera entièrement consacré à repenser les interventions d’urgence des policiers», a fait valoir M. Breton.
Plusieurs intervenants, tant du milieu politique que communautaire, ont bien accueilli la nouvelle. Le directeur général du journal l’Itinéraire, Serge Lareault, observe que la population itinérante est très craintive des policiers, car durant des décennies les sans-abri ont été victimes de «profilage social» et «d’harcèlement» de la part des policiers. «Même si les agents de la paix ont changé leurs façons de faire, le lien de confiance est encore à faire, et chaque incident tragique comme celui [de lundi], nuit terriblement à la cause», a-t-il déploré. Selon lui, la formation des policiers devrait contenir plus de notions de psychologie et de sociologie.
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Le maire de Montréal, Denis Coderre, a ajouté que les enjeux liés à l’itinérance vont bien au-delà de la simple intervention policière. «Il faut penser à revoir les façons de faire de la police, mais il y a une panoplie d’autres mesures à privilégier pour aider les itinérants à retrouver leur dignité, comme augmenter l’offre de logements à loyer modique et les ressources des refuges», a-t-il dit. M. Coderre a déclaré la semaine dernière qu’il accordait 12,5M$ du budget de la Ville concernant le dossier de l’itinérance. Il souhaite notamment effectuer un recensement de cette population pour mieux cibler les actions à poser.