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Le SPVM invite les manifestants à collaborer pour éviter les débordements

Pierre Saint-Arnaud - La Presse canadienne

MONTRÉAL – Alors que se multiplient les manifestations d’étudiants dans
les rues de la métropole, le Service de police de la ville de Montréal
(SPVM) appelle les manifestants à collaborer avec les autorités pour
éviter les débordements.

Le SPVM a fait le point mercredi sur ses stratégies d’intervention lors
de tels événements à la veille d’une manifestation du Collectif opposé à
la brutalité policière (COBP), dont 13 des 15 sorties précédentes ont
dégénéré en affrontement.

Les policiers se disent fort conscients que des casseurs se mêlent
régulièrement à cet événement et profitent de l’anonymat que leur
procure la foule pour se livrer à des méfaits ou poser des gestes
illégaux qui ne leur donnent aucun choix que d’intervenir. Ils invitent
donc les manifestants légitimes à se disperser lorsque des policiers le
leur demandent et les avertissent de l’imminence d’une intervention afin
de se soustraire à l’action policière et éviter que les casseurs se
dissimulent dans la masse.

Par ailleurs, le SPVM refuse de confirmer que c’est une grenade
assourdissante qui a blessé le jeune Francis Grenier à l’oeil lors de la
manifestation du 7 mars sur la rue Sherbrooke, indiquant que l’affaire
est toujours sous enquête.

Les responsables de la planification organisationnelle du SPVM ont
justifié la nature plus musclée de l’intervention lors de la
manifestation du 7 mars par le fait que des gestes illégaux étaient
commis, en l’occurrence la séquestration pendant plus de 40 minutes des
occupants de l’édifice du 500 Sherbrooke Ouest et la demande
d’intervention de la part des responsables de l’édifice.

Selon le SPVM, les manifestants ont été avertis qu’ils devaient se
disperser et le groupe d’intervention leur a donné le temps requis pour
le faire.
Cependant, plutôt qu’une résistance passive, certains manifestants ont
offert une résistance active, lançant des objets en direction des
policiers.

Les policiers affirment que les règles d’engagement dans de
telles circonstances, qui prévoient une gradation de la force utilisée,
ont été suivies à la lettre.

Ces règles comprennent l’utilisation de
quatre types d’irritants chimiques – dont les grenades assourdissantes,
qui en sont remplies – pour déstabiliser les manifestants afin, d’une
part, de les empêcher de blesser des policiers, et d’autre part, de les
amener à quitter les lieux sans que l’usage du bâton ne soit requis.

À l’opposé, le blocage du pont Jacques-Cartier lors de la manifestation
du 23 février n’avait pas donné lieu à des débordements, malgré l’action
du groupe d’intervention, parce que les manifestants s’étaient alors
dispersés à la demande des policiers.

Le SPVM a d’autre part demandé à nouveau aux organisateurs de collaborer
en fournissant l’itinéraire de leurs manifestations, et ce, autant pour
leur propre sécurité que pour celle du public en général.

Le SPVM a
fait valoir, par exemple, que des milliers de manifestants qui
investissent une rue sans que les policiers n’aient eu le temps de
rediriger la circulation provoquent souvent une certaine panique chez
les automobilistes qui se retrouvent encerclés.

À ce moment, la centrale
téléphonique du 9-1-1 se voit débordée d’appels, ce qui risque de
causer de graves problèmes à d’éventuels utilisateurs se trouvant en
réelle situation d’urgence.

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