Soutenez

L’ex-PDG de Tourisme Montréal dit avoir agi par ignorance

Charles Lapointe

L’ex-PDG de Tourisme Montréal, Charles Lapointe, a déclaré lundi que ses dépenses abusives étaient des erreurs causées par ignorance ou par inadvertance.

M. Lapointe a témoigné lundi à l’Assemblée nationale lors de la Consultation particulière concernant l’utilisation inappropriée de fonds publics par Tourisme Montréal. Le vérificateur général du Québec (VG) a critiqué, dans son dernier rapport, publié en novembre, les dépenses abusives de M. Lapointe.

L’ex-PDG a expliqué qu’il aurait dû prêter une plus grande attention à ses conditions qui prévoyaient à la fois une voiture de fonction ainsi qu’une allocation annuelle de 10 800 $ pour l’utilisation d’un véhicule.

«Si j’avais lu mon contrat plus attentivement, j’aurais pu éviter cette erreur», a-t-il dit, faisant valoir qu’il a remboursé les montants excessifs après que le VG lui ai fait part de ces erreurs.

Concernant des dons de 64 000 $ qui lui ont été remboursés par Tourisme Montréal alors qu’il les déduisait également de son revenu dans sa déclaration d’impôts, M. Lapointe a affirmé qu’il ignorait cette erreur.

«Je faisais le don avec ma carte de crédit personnelle. J’inscrivais ce montant à mon compte de dépense. Le crédit d’impôt m’était acheminé en mon nom personnel, puis je donnais le papier à mon comptable», a-t-il avoué, ajoutant qu’«il n’est pas du tout fier de cela».

M. Lapointe a justifié ses nombreux frais de repas par la nécessité de compétitionner avec plusieurs autres villes d’Amérique du nord en tentant d’attirer les touristes à Montréal. Ainsi, il a expliqué que son poste de «vendeur en chef de la destination touristique montréalaise» nécessitait beaucoup de déplacements, voyages, rencontres, repas, réunions, réceptions, conférences et discours.

Entendu à son tour par les parlementaires, l’ancien président du conseil d’administration (CA), Jacques Parisien, qui a démissionné précipitamment après le dépôt du rapport du VG, a soutenu qu’il n’était pas informé du détail des dépenses de M. Lapointe.

Le CA établissait des enveloppes budgétaires mensuelles pour chaque secteur de Tourisme Montréal en fonction de leurs objectifs, dont celle attribuée à M. Lapointe. Lors de leurs rencontres, les membres du CA s’assuraient seulement que les dépenses n’excédaient pas les limites fixées, a expliqué M. Parisien. Le détail des dépenses de M. Lapointe était plutôt envoyé au directeur des finances qui devait s’assurer que toutes les pièces justificatives s’y trouvaient.

«Normalement, un directeur des finances allume une lumière rouge s’il y a un problème récurrent, a affirmé M. Parisien. Or, personne ne l’a fait»

Le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, a admis devant la consultation que l’entente entre son gouvernement et Tourisme Montréal «ne sera plus jamais la même». Il a laissé savoir qu’il demandera maintenant davantage d’information de la part de Tourisme Montréal.

Tous les élus et les témoins se sont entendus, lundi, de la nécessité de définir le statut public ou privé de Tourisme Montréal. Charles Lapoint estime que Tourisme Montréal est une entreprise privée, n’étant pas gérée par un ministère. Pourtant, plus de 90% des revenus de l’organisme proviennent du public. Notamment, 22 M$ de leur budget provient de la taxe sur l’hébergement, prélevée lors de la location d’une chambre d’hôtel entre autres, et instaurée par une loi en 1997. Les montants perçus par cette taxe transitent par le gouvernement et sont redistribué à Tourisme Montréal.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.