Montréal
19:02 25 février 2014 | mise à jour le: 25 février 2014 à 19:02 temps de lecture: 3 minutes

La moitié des anglophones songent à quitter le Québec

La moitié des anglophones songent à quitter le Québec
Photo: Jacques Boissinot

Peu d’anglophones se sont dits surpris par les résultats du sondage Ekos-CBC, qui a révélé mardi que la moitié des anglophones et allophones du Québec ont songé à quitter la province l’an dernier pour des raisons politiques et économiques.

Au total, 16% des répondants ont nommé l’incertitude politique comme étant la raison principale de déménager hors de la province. L’économie arrive ex æquo en première position.

«Ça fait un an que mes concitoyens me disent à quel point ils sont inquiets et fâchés par les actions du gouvernement Marois», affirme Anthony Housefather, maire de la ville de Côte Saint-Luc. Ce dernier n’est pas surpris de constater que 75% des répondants anglophones disent ne pas faire confiance au Parti québécois (PQ) pour respecter leurs droits.

Les anglophones et les allophones sont habitués à subir plus de restrictions linguistiques lorsque le PQ est au pouvoir, poursuit M. Housefather, «mais le projet de charte des valeurs représente une nouvelle forme de menace qui les fait paniquer».

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Le niveau élevé d’imposition et la mauvaise attitude du PQ envers les entrepreneurs sont davantage la raison de l’«exode des anglais», croit Richard Yufe, cofondateur de Critiq, un mouvement de défense des droits canadiens au Québec. «Québec veut trop contrôler les entreprises, que ce soit le financement ou la façon de gérer la langue dans les opérations, ça refroidit les investisseurs», déplore-t-il.

Pour l’éditeur du blogue No Dogs or Anglophones, Philip Berlach, la grande majorité des anglophones québécois aiment profondément leur province, et c’est avant tout la précarité de l’emploi qui les poussent à partir. «Mon fils est radio-oncologue et il avait de la difficulté à se trouver un bon poste, il vit maintenant à New York», relate-il.

Le «Québec bashing» ne fait qu’empirer la situation, ajoute le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Mario Beaulieu. «Depuis plusieurs années, les médias anglophones font un portrait très négatif des séparatistes, les dépeignent comme des xénophobes. Ce discours a fini par inquiéter une grande partie des communautés anglophone et allophone et les fait songer à partir pour de bon», avance-t-il.

Au total, 2020 Québécois ont été interrogés par téléphone entre le 10 et le 18 février dans le cadre de l’étude Ekos commandée par CBC. La marge d’erreur est de 2,2 points de pourcentage, 19 fois sur 20.