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Les 400 ingénieurs de la Ville de Montréal votent pour la grève générale illimitée

Photo: Denis Beaumont/Archives Métro

Les 400 ingénieurs et autres professionnels scientifiques de la Ville de Montréal ont voté mercredi soir en faveur d’un mandat de grève générale illimitée à plus de 82% lors de l’assemblée générale de leur syndicat.

«On a reçu un mandat de grève sans condition, donc nous sommes autorisés par nos membres à déclencher [la grève] n’importe quand, indique André Émond, président du Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM). Mais on veut laisser la chance à l’administration d’au moins entamer les négociations.»

Sans convention collective depuis plus de quatre ans, les professionnels n’ont pas eu de rencontre de négociation depuis novembre dernier avec l’ancienne administration. Leurs démarches auprès de la nouvelle administration ne sont pas plus satisfaisantes. «Nous avons eu une discussion la semaine dernière avec le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, pour lui exposer nos demandes. Nous aurions aimé un engagement de l’administration pour au moins amorcer un processus de négociation, mais sans succès», ajoute M. Émond.

Danny Boudreault, directeur par intérim du Service des ressources humaines de la Ville de Montréal indique quant à lui que, «malgré les prétentions du syndicat», la Ville est toujours disposée à poursuivre les négociations. Il soutient que la Ville a déposé à l’automne dernier une proposition patronale couvrant une période de plus d’un an.

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Les ingénieurs déplorent un vif exode des professionnels expérimentés de la Ville dans les dernières années, «rendant ainsi vulnérable la métropole face aux fournisseurs de services, et créant un climat propice aux situations frauduleuses dévoilées à la commission Charbonneau», affirme le SPSPEM. «Avant même 40 ans, les professionnels de la Ville plafonnent au niveau salarial, déplore M. Émond. Ce n’est pas le cas dans le marché.»

Impossible pour lui de chiffrer précisément le nombre de départ depuis 2008, bien qu’il ait déjà compté au moins 20 départs en une courte période. «Ça se fait graduellement, c’est de l’égrainage. Après 2 ou 3 ans, on se retrouve avec une grande perte d’expertise qu’on n’a pas pu retenir», souligne-t-il.

À ce sujet, la Ville soutient que «le nombre de scientifiques à l’emploi de la Ville est passé de 240 employés en janvier 2010 à 430 employés à ce jour, soit une augmentation d’environ 80%».

Le syndicat demande un ajustement sur 10 ans de l’échelle salariale des ingénieurs de plus de 15 ans d’expérience pour situer leur salaire «légèrement sous la moyenne du marché». «Ça représente une augmentation de la masse salariale de 245 000$ par année, par rapport à notre masse salariale qui en vaut 35M$. On parle d’une augmentation de 0.7% par année, seulement», clame le président du syndicat.

M. Boudreault considère plutôt que la Ville offre aux scientifiques une rémunération «compétitive». Les demandes syndicales dépassent cependant le cadre financier établi par la Ville, selon lui. Il est toutefois ouvert à réaliser une étude comparative du salaire des scientifiques par rapport à celui du marché.

Le déclenchement de cette grève pourrait avoir un impact considérable sur l’avancement des divers chantiers à la Ville, soutient le syndicat. Le retard des travaux pourrait créer une congestion, autant pour les dossiers actuels que futurs. «Nous souhaitons éviter cette situation à tout prix, précise André Émond, président du SPSPEM. Par contre, sans démarche claire de l’administration en place en vue de régler le dossier, nous devons réfléchir aux alternatives qui se présentent à nous.»

Le syndicat a l’obligation de maintenir des services essentiels en période de grève, si un avis de grève est reçu par la Ville.

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