Montréal

Des citoyens maintiennent la pression contre Postes Canada

Photo: Audrey Gauthier/TC Media

Un an après l’annonce de Postes Canada de mettre fin à la livraison du courrier à domicile, la mobilisation se poursuit alors qu’une trentaine d’employés de la société d’État ont manifesté, jeudi matin, leur mécontentement devant la succursale postale Youville, situé au 300, boulevard Crémazie Est.

«Postes Canada a entrepris la mission de détruire le service postal public au Canada. Nous devons maintenir la pression», scande Serge Cadieux, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).

Élus municipaux, membres de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) ainsi que des citoyens ont joint leur voix afin de maintenir le service de proximité.

«En cette journée de tempête, vous avez un aperçu de ce que les personnes à mobilité réduite vont subir avec la disparition de la livraison à domicile. Notre autonomie est menacée», affirme par courriel Linda Gauthier, du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ). La présidente n’a pu sortir de son domicile en raison d’une chute de 37 centimètres de neige à Montréal, les trottoirs n’étant pas praticables.

«Avec la météo et les coins de rues enneigés, on a la preuve qu’on a besoin de ce service postal de proximité. Qui est le génie qui a pensé aux boîtes communautaires?», soupire Éric Demers, attaché politique d’Alexandre Boulerice, député de Rosemont-La Petite-Patrie et critique de l’Opposition officielle dans le dossier de Postes Canada.

Rappelons que le 11 décembre 2013, Postes Canada avait annoncé la fin de la livraison du courrier à domicile. Le service serait remplacé par l’installation de boîtes postales communautaires sur le domaine public, au cours des cinq prochaines années.

Insatisfaction
Au cours de la manifestation, des syndiqués ont souligné l’incohérence du gouvernement fédéral dans ses décisions au sujet de la société d’État.

«En 2011, les conservateurs ont voté une loi spéciale pour mettre fin au lock-out parce qu’à l’époque, ils considéraient que la livraison postale était un service essentiel à la population. Aujourd’hui, ils l’arrêtent», s’indigne M. Cadieux.

ManifestationLes agissements de Postes Canada ont aussi été dénoncés par Christian Martel, directeur national de la région du Québec et vice-président du syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste (STTP) au bureau de la direction de la FTQ, qui considère que la société est mal gérée.

«Ce n’est pas normal qu’il y ait 22 vice-présidents et qu’on se demande constamment ce qu’ils font», laisse-t-il savoir.

«Si Postes Canada a des problèmes financiers, pourquoi les patrons se votent des bonus au rendement chaque année», questionne Alain Duguay, président de la section locale de Montréal au STTP.

Commission publique
La Commission sur le développement social et la diversité montréalaise a entamé une consultation publique à propos de l’arrêt de la livraison du courrier à domicile par Postes Canada.

«Les impacts de la fin de la livraison à domicile se feront sentir pour tout le monde, mais en particulier pour les Montréalais plus vulnérables, comme les aînés ou les personnes qui vivent avec un handicap. Par ailleurs, nous craignons que les boîtes communautaires créent des problèmes dans les quartiers densément peuplés, comme l’accroissement des délits ou l’engorgement du domaine public», fait valoir Benoit Dorais, chef de Coalition Montréal et président de la commission.

Les séances publiques reprendront à partir du 19 janvier 2015, avec l’audition des mémoires. La date limite pour s’inscrire afin de déposer un mémoire est le 12 janvier 2015.

 

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