Montréal

Démission en Haïti: des Haïtiens de Montréal s’interrogent

Photo: The Associated Press

Après la démission du premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, dimanche, des questions restent encore en suspend chez certains Haïtiens de Montréal.

«Est-ce que ça va arrêter l’hémorragie? On ne le sait pas, commente Raymond Laurent, Haïtien vivant à Montréal ainsi que journaliste et producteur à la radio CKUT. Le départ du premier ministre, c’est un pas dans la bonne direction, mais il reste encore d’autres problèmes à régler.» Il donne en exemple le renvoi du président de la Cour suprême qui est également recommandé par la commission formée par le président. «On considère qu’il est à la solde du président de la République», explique M. Laurent.

Il s’inquiète aussi de la fin des mandats de plusieurs sénateurs haïtiens, conséquence entre autres des élections réclamées par l’opposition au président. «Après le 12 janvier, si on ne fait pas d’élections ou qu’on ne prolonge pas leur mandat, il ne restera plus qu’une dizaine de sénateurs. Le président va alors diriger le pays par décret, et ça, c’est inacceptable», ajoute M. Laurent qui attend de voir la suite des choses.

Le directeur de la radio haïtienne de Montréal, Jean-Ernest Pierre, croit qu’il ne faudrait pas continuellement réclamer des démissions à chaque accroc politique. «Je crois que [cette démission] pourrait être une bonne chose, mais [il faut que] l’opposition mette un peu d’eau dans son vin et force le président à effectuer les réformes et administrer le pays comme il se doit», nuance M. Pierre qui suivra lui aussi attentivement le travail de l’opposition.

Rencontré par Métro, Emmanuel, un Haïtien vivant à Montréal, estime plutôt que cette démission provoque un débalancement nuisible pour le pays. «La stabilité, c’est ce qui est le mieux actuellement pour Haïti», a-t-il affirmé. Même son de cloche du côté de Caaline, une jeune Mont­réalaise qui a de la famille en Haïti, qui croit que «le mieux, c’est la stabilité».

«L’instabilité, c’était même avant la démission de Lamothe. L’instabilité, c’est les manifestations de l’oppo­sition, c’est ça qu’il faut régler», répond plutôt Raymond Laurent.

 

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