Grève au CP: Ottawa veut forcer le retour au travail des cheminots
Ottawa a mis ses menaces à exécution: un projet de loi spéciale a été déposé lundi pour forcer les 3300 syndiqués du Canadien Pacifique (CP) à retourner au travail.
«Je continue à enjoindre les partis à en venir à une entente, mais ils ne sont près d’y arriver et nos relations commerciales pourraient en souffrir», affirmé la ministre fédérale du Travail, Keillie Leitch, lors de la présentation de la Loi prévoyant la reprise des services ferroviaires à la Chambres des communes.
Mme Leitch a indiqué que la débrayage des travailleurs du CP coûtera près 205M$ par semaine à l’économie canadienne et des travailleurs de partout au pays et à l’étranger seront touchés par ce conflit de travail.
«Certaines économies vont se tourner vers d’autres économie pour s’approvisionner», a dit Mme Leitch, en faisant notamment référence au marché du grain.
Le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral ont souligné que des enjeux de sécurité sont à l’origine du différend entre le CP et ses employés. Ces derniers déplorent que leur employeur veuille prolonger les quarts de travail de 10 à 12 heures avant une période de repos obligatoire.
«On dirait qu’on est au 19e siècle, a fulminé le député de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice. On en 2015, c’est une honte que le gouvernement conservateur ne fait rien et aide ces entreprises. On a eu des drames récemment qui ont démontré que la sécurité ferroviaire est importante.»
Son collègue libéral, David McGuinty, a regretté que le gouvernement conservateur n’ai pas pris «les mesures nécessaires» pour renforcer la sécurité sur les chemins de fer, ce qu’a refusé d’admettre la ministre Leitch.
L’outrage au droit à la grève a également été dénoncé par le M. Boulerice. Il a fait savoir que le projet de loi du gouvernement contrevient au jugement récent de la Cour suprême qui invalidait les législations restrictives au droit de grève. «Il faut laisser [les partis] négocier», a dit le député néodémocrate.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la Conférence ferrovaire de Teamsters Canada a déclenché une grève puisqu’elle ne parvenait pas à s’entendre avec le CP. Depuis l’échéance de la convention collective, le 31 décembre dernier, les deux partis discutaient devant le Service fédéral de médiation et de conciliation. La ministre Leitch a d’ailleurs assisté à plusieurs séances de négociation.
Ce conflit de travail a pour eu pour effet de ralentir le transport des marchandises, en plus d’interrompre les services de train de banlieue. À Montréal, quelque 19 000 usagers n’ont pas pu se déplacer en train lundi matin sur les lignes Candiac, Saint-Jérôme et Vaudreuil-Hudson.